Mobilisation - Pour l'instant ils s'entraînent au maniement des armes et apprennent les rigueurs de la discipline.
Le principal acteur de cette histoire est mort il y a près d'un siècle.
Son aventure a été rapportée par ses enfants qui l'ont transmise à leurs enfants. Elle est peu banale et montre que le culot paie et surtout en temps de conflit armé.
Nous sommes en 1916, la Première Guerre mondiale a commencé.
La France a mobilisé tous ses hommes et sonné le rappel de toutes ses troupes.
Dans l'une des nombreuses casernes d'Alger, les musulmans ont été réunis en attendant un éventuel départ vers la France et leur affectation sur le front. Pour l'instant ils s'entraînent au maniement des armes et apprennent les rigueurs de la discipline.
Parmi eux, un grand gaillard fait parler de lui, particulièrement au réfectoire à l'heure des repas.
Il mangeait beaucoup, énormément, comme si la nature l'avait pourvu de deux estomacs. Bref, il avait toujours faim et se plaignait.
Il en parlera à son sergent mais ce dernier avait d'autres chats à fouetter et ne prêtera aucune attention à ses doléances.
Le cuisinier avait beau lui ajouter toujours quelque chose en plus dans son plat, le menu ne lui suffisait jamais.
En désespoir de cause, il demandera audience au capitaine de son régiment pour lui faire part de son problème mais il ne l'écoutera que d'une oreille discrète.
Etant persuadé maintenant, qu'il valait mieux avoir affaire au Bon Dieu qu'à Ses Saints, il prendra son courage à deux mains et écrira, avec l'aide d'un coreligionnaire une lettre explicative au chef des armées, au généralissime le maréchal de France, rien que ça !
Malgré sa très lourde charge et l'énorme mission de mener ses hommes à la victoire, le maréchal aura le temps de lire la supplique du tirailleur lambda qui a eu le courage de l'interpeller.
Il donnera des ordres très stricts en ce sens et fera sonner les cloches au général d'Alger.
Quelques semaines plus tard ce dernier se déplacera lui-même à la caserne pour voir ce 'monstre" qui n'a pas hésité à déranger le maréchal pour qu'on lui améliore son menu.
Dans la foulée, il passera un savon carabiné au capitaine et au sergent.
Mieux, l'intervention du petit tirailleur fera l'objet d'un rapport qui invitera, par la voix du maréchal, tous les officiers de l'armée à faire en sorte que les hommes qui doivent se battre doivent bien manger.
Le tirailleur mangera pour deux jusqu'en 1918, à la fin du conflit.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdenour Fayçal
Source : www.infosoir.com