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Une ville, une histoire L'unité familiale



Une ville, une histoire                                    L'unité familiale
Drame n Mais comme nous allons le voir, nous assisterons à des situations qui tiennent à la fois du théâtre tragiques de Corneille et de Kafka.
Nous sommes en 1995, au beau milieu de la décennie noire. La lutte contre les intégristes fait rage.
C'est le couvre-feu à Alger et le soir personne ne circule. Pas plus dans les villes que sur les routes de campagne.
Les attentats terroristes se multiplient à une allure vertigineuse au point que l'on pouvait compter jusqu'à dix à douze morts quotidiennement à travers le pays.
L'armée, le corps des «ninja» la police et la gendarmerie sont en alerte 24 heures sur 24.
Les assassinats les plus invraisemblables sont perpétrés par des illuminés sous l'influence d'une nébuleuse qui porte aujourd'hui la responsabilité de tous les crimes commis en son nom.
Ainsi par exemple, des enfants tueront froidement leurs pères parce qu'ils ne faisaient pas la prière, des automobilistes seront arrêtés au niveau des faux barrages et battus à mort parce qu'ils n'avaient pas béni, dans leurs louanges, le nom du cheikh Kharadaoui, des femmes seront lapidées et égorgées parce qu'elles ne portaient pas le hidjab.
Mais comme nous allons le voir, nous assisterons à des situations qui tiennent à la fois du théâtre tragique de Corneille et de Kafka.
Lors d'une opération de routine près de Sidi Moussa, où un mouvement suspect de terroristes avait été signalé, les gendarmes, par acquis de conscience, investiront une vieille demeure non loin du village.
Ils ne trouvèrent personne et rien de suspect qui pouvait les conduire jusqu'aux hors-la-loi.
Seule une vieille femme vaquait à ses occupations domestiques.
Rien de bien méchant mais sait-on jamais par ces temps qui courent...
Ayant acquis la certitude que cette demeure ne présentait aucun danger, les gendarmes voulurent avoir le c'ur net quant à la présence de deux lits l'un en face de l'autre dans la même pièce.
' A qui appartiennent ces lits '
' A mes enfants...
' Quel âge ont-ils '
' 28 et 30 ans
' Que font-ils dans la vie '
' L'un est policier comme vous
' Et l'autre '
' Il est terroriste comme vous dites
' Comment font-ils pour se supporter '
' Ils arrivent le soir chacun de son côté, mangent et dorment sans se parler...
Abdenour Fayçal
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