Alger - Revue de Presse

Une valeur traditionnelle



On s?en donnait à c?ur joie. Les professions de foi s?inscrivaient en lettres d?or. L?harmonie tenait le pavé. Les déficiences patriotiques clouées au pilori. Hier encore, Alger vibrait et se pâmait à l?excès à coups de slogans et de banderoles fulminantes, trépidantes. Le rite battait son plein, accompli par de vieux briscards. Sur ce terrain, la ville pouvait vraiment pavoiser. Un parfum d?exaltation embaumait l?atmosphère. Un côté grand messe qui lâche la brise au persiflage. On achève bien les âmes naïves. Un jour peut-être, un esprit lucide nous instruira sur cette « machine » à distiller les illusions, sur ces songes creux qui menèrent forcément vers le désenchantement. On en mesure l?évident fiasco. « Ne demeurent dans l?oued que les pierres. » Curieusement, cette manie de la banderole ne s?est pas évaporée. Le « syndrome » du slogan a la dent dure. Il traîne encore comme une mauvaise fièvre. Et pour cause. On persiste à parsemer la cité avec de belles phrases, des formules généreuses qui sentent à mille lieux à la ronde, le « déjà-vu et entendu ». Une habitude tenace qui colle à la peau. Le plus drôle est qu?on ressasse toutes ces ritournelles avec un vocabulaire réellement au ras des pâquerettes. Le citoyen est comme, bien entendu, élevé au pinacle. Lui qui renâcle en permanence. Il ne daigne plus y faire attention. Les voies de la séduction demeurent impénétrables. Le feu de brousse n?est pas près d?être conjuré. Que de séminaires placés sous l?égide d?une importante personnalité. Le fantôme rôde toujours. Il hante les esprits, survivant aux hommes et aux événements, selon l?heureuse expression. Je ne veux pas être irrévérencieux, mais je trouve burlesques tous ces doctes participants qui pinaillent studieusement avec une énorme banderole déployée au-dessus de leur tête. Une solennité dont on ne recueille pas souvent les retombées et les bénéfices. Mais ceci est une autre histoire.
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