Alger - A la une

Une usine à gaz '



Une usine à gaz '
L'affaire Sonatrach est une monnaie à deux faces algériennes, avec une valeur ajoutée étrangère. On a donc Sonatrach1 et Sonatrach2. Et un procès italien en corruption impliquant des dirigeants de l'Eni et Saipem. Au Bled, à l'exception de l'ancien «patron» (guillemets de rigueur) de Sonatrach, Mohamed Meziane, et d'un ex-directeur d'une banque publique, les 17 autres protagonistes sont des acteurs de seconde zone ou même des figurants. Et déjà, dès la première séance, on a eu l'impression d'assister à l'acte premier d'une pantalonnade... à l'italienne ! Guéguerre de procédures digne d'un combat de chiffonniers et, à la clé, un premier report de séance. De plus, avant même le procès, en guise de préambule médiatique, on a eu droit à des fuites organisées. Où l'on apprend que le principal prévenu, Mohamed Meziane, est, comme dans la comédie de boulevard égyptienne, un «témoin qui n'a rien vu». Un acteur à qui on fait des enfants dans le dos «à l'insu de son plein gré», selon la célèbre métaphore du cycliste français. Il ne savait pas, dit-il dans le PV d'audition, que son épouse et ses enfants étaient gratifiés de cadeaux de valeur par les partenaires étrangers de Sonatrach. C'est donc l'histoire d'un cocu magnifique, sauf que dans cette farcesque histoire, il y a beaucoup de deniers. Ce sont ceux de l'Etat qui étaient en jeu dans un jeu de contrats avec deux pétroliers italiens et un équipementier allemand. Transactions signées de gré à gré et de bon gré. Paraphées par un P-dg qui avait le pouvoir de signature même s'il s'en défend en renvoyant la patate chaude aux niveaux de son supérieur direct et de sa hiérarchie politique. Mais toujours est-il que manquent à l'appel à ce procès, les acteurs principaux, le réalisateur et les producteurs dans le rôle de protecteurs de l'ombre présumés. Dans ce théâtre de l'absurde, l'essentiel est finalement ailleurs. Symbolisé par les grands absents algériens qui auraient dû être là. Figuré en Italie où se joue une pièce autrement plus dramatique où les ingrédients constituent en partie la trame du scénario de Sonatrach2. Là-bas, aux côtés de managers italiens indélicats, Chakib Khellil, absent dans le dossier Sonatrach1, fait partie des stars convoquées à la barre. Il est vrai que l'Algérie n'est pas l'Italie et les justices respectives ne sont pas libres de la même façon. À Alger, les lampistes, les acteurs de troisième plan et Mohamed Meziane, protagoniste de second niveau, doivent répondre quand même de chefs d'accusation lourds.Dont le blanchiment d'argent, la dilapidation de deniers publics et la surfacturation. Ceci dit, derrière ces chefs d'accusation, se profile la responsabilité d'un P-dg qui estime que sa signature n'engageait en rien sa responsabilité, vu que les arbitrages suprêmes auraient été rendus par le ministre et sa tutelle politique. Il est également question d'une supposée entente illicite «à un plus haut niveau» que le sien. À Alger, la Justice doit dire s'il y a eu aussi des histoires de népotisme et de délits d'initiés pour favoriser les soumissionnaires les plus disant. Ou encore des interférences politiques de haut niveau pour peser sur le processus d'adjudication et les prix des contrats. Voire s'il y aurait eu des conflits d'intérêts supérieurs. Dans Sonatrach1, Mohamed Meziane, avant que soit démontrée sa culpabilité, est d'abord responsable de ses actes de signataire des contrats. Affaires qu'il aurait pu rejeter sachant le préjudice pour l'Etat qu'elles allaient occasionner. Il avait également le loisir de refuser de signer sous la contrainte. Et comment pourrait-il expliquer, entre autres, le favoritisme et la complaisance lucratifs dont ont bénéficié ses fils dans des contrats avec Sonatrach 'N. K.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)