Une société algéro-allemande de production de systèmes électroniques va
naître. Elle conforte le gouvernement dans son choix de favoriser une
substitution aux importations en favorisant la création d'entreprises mixtes
ayant l'assurance de commandes publiques. La règle du 51/49% ne serait pas un
obstacle…
Une société commune algéro-allemande pour la production de systèmes
électroniques sera mise en place au niveau du site de l'Entreprise nationale
des industries électroniques (ENIE) à Sidi Bel Abbès. La nouvelle a été
annoncée hier par le cabinet du Premier ministre, avec la précision que la
création de la nouvelle société se fera conformément aux dispositions de la loi
de finances complémentaire 2009.
La création d'une telle entreprise, dans un contexte de raréfaction
sensible des investissements étrangers en Algérie (4 seulement en 2009), est
sans le moindre doute une nouvelle agréable pour le Premier ministre algérien,
alors que dans le monde des affaires, on critique de plus en plus le dispositif
d'encadrement des investissements étrangers mis en place dans le cadre de la
LFC 2009.
La réputation de qualité des partenaires allemands qui s'associent aux
ministères algériens de la Défense nationale et de l'Industrie, de la Petite et
moyenne entreprise et de la Promotion des investissements apporte ainsi la
«preuve» que les règles mises en application ne sont pas dissuasives au «bon»
investissement.
Eads (European Aeronautic Defence and Space Company), groupe industriel
du secteur de l'industrie aéronautique et spatiale civile et militaire, est le
concurrent européen de Boeing. Rohde & Schwarz est spécialisé en test et
mesure. L'entreprise est l'un des principaux acteurs au plan mondial en matière
de radiocommunications professionnelles et des technologies de sécurisation de
l'information.
Carl Zeiss AG est leader mondial dans le domaine de l'optique de haute
technologie. Un partenariat de qualité, même s'il porte sur un segment
particulier, qui peut être ainsi présenté comme une avancée réelle.
On se souvient qu'en août 2009, l'annonce de la conclusion d'un accord
entre le gouvernement algérien et le fonds d'investissement public d'Abou Dhabi
Aabar Investments, associant cinq firmes allemandes pour produire jusqu'à
10.000 véhicules par an en Algérie, a été la «bonne nouvelle» dans un contexte
où le «dirigisme économique» du gouvernement était très critiqué. Une
porte-parole de l'allemand Daimler, engagé dans le projet, avait souligné que
le gouvernement algérien (le ministère de la Défense en fait) sera le client
par excellence de la production réalisée dans le cadre de la joint-venture.
Les capacités du marché algérien comme stimulant
C'est l'esprit même d'une approche renouvelée - tardive et qui n'a pas
fait l'objet d'un sérieux effort de marketing - qui consiste à favoriser une
véritable démarche industrielle en contrepartie de l'assurance d'un marché. De
toute évidence, c'est le même esprit qui préside à la création de cette
joint-venture algéro-allemande qui, selon le communiqué du Premier ministère,
sera «un nouvel opérateur économique qui s'inscrit dans le cadre du
développement de l'électronique professionnelle en Algérie» et qui «induira la
création de postes de travail de haut niveau versés dans les technologies
avancées».
Les capacités du marché algérien peuvent en effet être un stimulant réel
pour des partenaires sérieux en quête de nouveaux horizons, estime un
économiste algérien. «Pour autant qu'un projet industriel soit présenté avec
rigueur et des arguments convaincants, les partenaires ne manquent pas. Ces
annonces le démontrent et prouvent qu'en adossant la stratégie d'attraction des
investisseurs à la réalité industrielle du pays, il est possible d'arriver à
des accords concluants en termes de transfert de technologie et de dynamisation
du potentiel installé».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M Saâdoune
Source : www.lequotidien-oran.com