Le gouvernement malien et la rébellion touarègue, après la signature de l'accord d'Alger le 23 juillet, ont décidé de poursuivre leurs efforts pour ramener la paix au nord-est du pays, dans la région de Kidal. C'est en tout cas la consistance d'un communiqué officiel des autorités maliennes selon lequel les deux protagonistes (gouvernement et rébellion touarègue) doivent se rencontrer très prochainement. Au menu de cette rencontre que des sources à Bamako fixent au 20 août prochain, il s'agit notamment de «reprendre la concertation sur l'application» de l'accord de paix signé à Alger en juillet 2006 sous la médiation de l'Algérie. »Après avoir salué le retour de l'Algérie en tant que facilitateur, les deux parties (gouvernement et rebelles touaregs ont réaffirmé (...) leur détermination à trouver une solution durable et définitive à la crise qui sévit dans la région de Kidal», selon le communiqué rendu public jeudi par les autorités maliennes. Les pourparlers de paix d'Alger, qui se sont achevés la semaine dernière, semblent avoir autant permis aux deux belligérants de renouer le dialogue pour trouver un compromis qui facilite le retour à la paix et la sécurité dans la région de Kidal, et autant il aura mis sur route un processus à chaque fois renié, par l'une ou l'autre partie. C'est en fait le 21 juillet dernier, à Alger, que le gouvernement malien et les représentants de l'Alliance démocratique du 23 mai pour le changement (représentant les principaux mouvements rebelles touaregs) ont conclu un autre accord sur l'arrêt des hostilités, relançant le processus de paix. L'accord, qui serait en fait une actualisation de celui signé en juillet 2006, toujours à Alger, donne jusqu'au 15 août aux différents protagonistes pour traduire en actes leurs engagements: il s'agit notamment de la fin des attaques armées, libération des détenus et otages, déminage et retour des réfugiés. La tâche est difficile, d'autant que dans la région de Kidal, il n'y a pas que les mouvements armés touaregs qui sévissent. Pour de nombreux observateurs, cet accord ouvre d'importantes perspectives, politiques et sécuritaires, pour cette région. Les deux parties ont convenu de se rencontrer très prochainement, probablement au mois d'août pour évaluer la mise en oeuvre des mesures arrêtées et de reprendre la concertation sur l'application de tous les autres volets restants de l'accord d'Alger» de 2006. En outre, une commission mixte comprenant des représentants de la rébellion touarègue et du gouvernement doit être installée dans les prochains jours pour l'application des décisions déjà prises. Par ailleurs, il s'agissait surtout de procéder au suivi de l'Accord d'Alger qui reste valide, a laissé entendre à son retour à Bamako le chef de la délégation malienne, le ministre de l'Administration territoriale et des Collectivités locales, le général Kafougouna Koné. Selon lui, gouvernement et rebelles touaregs ont convenu du 20 août 2008 comme date butoir pour un certain nombre d'actes à poser par les deux parties en vue d'un retour durable de la paix à Kidal. Car cette région du Nord-Mali est devenue non seulement une zone d'insécurité, de préoccupation et de sédition pour le gouvernement à Bamako, mais également pour l'ensemble des Etats riverains préoccupés par la multiplication des groupes terroristes, bandits, trafiquants et autres mouvements d'opposition qui y évoluent en toute quiétude. Sécuriser la région en obtenant un accord de paix solide avec les touaregs, qui regroupent plusieurs tribus à cheval entre le Mali, le Niger et l'Algérie, est également un bon pas vers le contrôle de cette vaste partie du Sahel. D'autant qu'il s'agit de fermer cette zone, sinon la rendre difficilement accessible, aux groupes terroristes. D'autre part, le retour de la paix et de la sécurité dans la région de Kidal, avec la «pacification» des touaregs, est un résultat dont les dividendes sont capitalisés par plusieurs pays riverains. Reste maintenant l'application des accords d'Alger et la manière dont les débats entre Maliens seront menés par Bamako pour trouver un compromis politique définitif avec la rébellion touarègue. La paix à Kidal, et au-delà, en dépend.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali Babès
Source : www.lequotidien-oran.com