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Une réelle prise en charge des toxicomanes toujours en attente



Une réelle prise en charge des toxicomanes toujours en attente
Sous le haut patronage du ministre de la Justice, l'Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Onlcdt), a organisé, hier à Sidi Fredj, un colloque avec la société civile afin de «communiquer et travailler ensemble pour la prévention contre la drogue». Un thème certes d'une importance majeure vu le risque que représente ce fléau pour la jeunesse algérienne, mais la rencontre en elle-même ne semble pas réaliser réellement le but souhaité. Car, les invités au colloque d'hier, dont des cadres de la Sûreté et de la Gendarmerie nationales, des médecins de haut niveau mais surtout des représentants du mouvement associatif et des scouts algériens, sont des personnes averties et convaincues qui n'ont pas besoin d'exposés pour connaître les difficultés de la jeunesse algérienne face à la drogue, ni ses effets néfastes, encore moins de prêches pour se joindre à la lutte contre ce fléau. Reste à espérer que les travaux des trois ateliers installés, afin de débattre de «l'accompagnement médical de jeunes toxicomanes», «la réinsertion du toxicomane» et «la prise en charge entre les textes de lois et les textes sanitaires», soient plus fructueux en engendrant des recommandations sérieuses permettant l'amorce de la mise en place d'une politique réfléchie et à long terme pour la prise en charge des toxicomanes. Car, il faut le dire, les textes de lois pour une prise en charge des toxicomanes existent mais ne sont pas appliqués en raison de l'inexistence des textes d'applications. Faut-il rappeler que le ministère de la Santé est en phase de créer une soixantaine de centres pour la prise en charge des toxicomanes mais en l'absence de textes d'applications, les rôles et les responsabilités restent indéfinis et aucun programme n'a été établi pour le moment. Questionné à ce propos, le professeur Kacha, psychiatre chef de service à l'EHS universitaire de Chéraga, enseignant à l'université d'Alger, président du Comité pédagogique national de psychiatrie et de la Société algérienne de psychiatrie, a reconnu qu'actuellement «il est très important de tenir des réunions afin de débattre de la loi et de la meilleure façon de l'appliquer». Le professeur Kacha a expliqué que la drogue constitue aujourd'hui «un problème national. Nous savons avec certitude que certaines maladies du cerveau sont dues à la prise précoce des drogues». Il a également souligné que les toxicomanes qui se présentent au niveau du centre de prise en charge de Chéraga, le font généralement accompagnés de leurs parents. Ces derniers n'arrivent au centre qu'une fois leur addiction à la drogue est avérée. Revenant sur le projet de réalisation d'une cinquantaine de centres sur l'ensemble du territoire national, le professeur Kacha dit «une cinquantaine de centres de prise en charge vont voir le jour ainsi qu'une quinzaine de services vont être construits dans les hôpitaux pour recevoir les hospitalisations. Il nous reste à faire une politique afin de définir ce que nous voulons faire : à quelle catégorie va-t-on s'adresser principalement ' Va-t-on commencer par la prise en charge des adolescents ' Des quadragénaires ou des détenus ' Comment on va former les responsables de ces centres, comment former les équipes qui prendront en charge les patients et enfin comment créer les réseaux afin de permettre à ces centres de faire de la prévention '». Le professeur Kacha a enfin estimé qu'«actuellement nous n'avons pas de circuit permettant d'amener les jeunes toxicomanes à se présenter aux centres de prise en charge. Par exemple, la télévision ne donne jamais les numéros de contacts des centres de prévention. Les toxicomanes, n'étant pas informés, ne pourront pas se présenter spontanément à notre niveau. Il y a certes quelques associations qui activent sur le terrain mais il y a toujours un problème de leadership car il n'existe pas encore de réseaux permettant au toxicomane d'être pris en charge et de finir au niveau des centres. C'est la raison pour laquelle, j'insiste sur la mise en place d'une politique claire car aujourd'hui nous avons tous les moyens : l'argent, le personnel, les centres, les psychologues...». L'Algérie qui a pris conscience du danger que représente la drogue sous toutes ses formes, ne lésine pas sur les moyens matériels et humains pour éradiquer ce fléau. Reste uniquement, pour les autorités, à définir une politique claire à moyen et long terme pour réussir à atteindre ce but.H. Y.Lancement prochain d'une enquête sur la drogue en milieu scolaireUne enquête sur la prévalence de la drogue en milieu scolaire sera lancée d'ici à la fin décembre 2014, a indiqué hier à Alger, le directeur général par intérim de l'Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Onldt), Mohamed Benhalla. «Une enquête spécifique sur la prévalence de la drogue en milieu scolaire sera lancée d'ici à la fin du mois de décembre prochain et les résultats seront prêts en juin de l'année 2015», a précisé le même responsable en marge d'une rencontre sur le rôle du mouvement associatif dans la prévention contre la drogue. Cette enquête, qui sera réalisée par le Centre national d'études et d'analyses pour la population et le développement (Ceneap), a été initiée par l'Onldt en collaboration avec le ministère de l'Education nationale. Elle sera réalisée avec l'appui technique du group MedNet, notamment en matière d'élaboration des questionnaires. «Une somme globale estimée à 30 millions de dinars a été dégagée pour lancer cette enquête», selon M. Benhalla, ajoutant qu'une enquête similaire est prévue durant l'année 2015 dans des universités.H. Y.


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