
Incompréhension - «Je suis un agent de sécurité, c'est pourquoi le proviseur a osé me dire cela. Si j'étais médecin ou directeur dans une entreprise, il n'aurait jamais agi de la sorte.»Aïssa est dans tous ses états en ce vendredi 25 octobre 2013. Il surveille les maçons et les man?uvres recrutés en nombre pour couler la dalle de la villa qu'il est en train de construire à Saoula, dans la banlieue sud d'Alger. Il ne laisse rien au hasard et quand le camion toupie arrive, il est le premier à mettre la main à la pâte pour inciter les travailleurs à s'activer. Il n'est pas, pourtant, très satisfait de cette dalle.Il aurait aimé couvrir sa maison d'un toit en tuiles. Pour ce faire, il avait entamé les travaux en question, mais le charpentier en charge de la réalisation de ces travaux, un ex-émigré, est décédé avant de terminer le chantier. Il avait fait un travail remarquable. Il connaissait son métier et je n'intervenais jamais.Que Dieu ait son âme», dit Aïssa. Suite à quoi, Aïssa n'a eu d'autre choix que de démonter la charpente et d'opter pour une dalle. «Tout était presque fait. La charpente était montée, mais je n'ai trouvé personne pour terminer l'ouvrage. Aussi, j'ai décidé de faire comme tout le monde et j'ai opté pour une dalle», explique Aïssa. Et nombreux sont les gens qui, comme lui, sont à la recherche, en vain, de professionnels maîtrisant un métier. En effet, trouver un bon plombier, un maçon, un peintre, un carrossier, un mécanicien, un jardinier ou un soudeur, n'est pas chose aisée.«Un plombier m'a coûté 5 000 dinars pour 30 minutes de travail. Il a juste replacé le receveur de douche. Quand le pédiatre se déplace chez moi, pour consulter mes enfants, il prend 1 200 dinars», s'étonne une mère de famille habitant à Hydra. De pareils exemples sont légion dans un pays où le travail manuel est considéré comme une damnation. Les parents considèrent comme un échec le fait que leurs enfants ne font pas d'études universitaires comme les membres de la famille ou les voisins.Ce constat est fait aussi par les directeurs des collèges et des lycées.Quand ils agissent en pédagogues et qu'ils orientent des élèves vers la formation professionnelle, cela déplaît aux parents.Certains parmi ces derniers vont jusqu'à les menacer des pires représailles s'ils ne donnaient pas la chance à leurs enfants de passer en terminale et passer le bac comme tous les autres jeunes de leur âge.«Le proviseur du lycée où est inscrit mon fils m'a convoqué pour m'informer qu'il serait préférable que je lui trouve une place dans un centre de formation professionnelle. Je suis un agent de sécurité, c'est pourquoi le proviseur a osé me dire cela.Si j'étais médecin ou directeur dans une entreprise, il n'aurait jamais agi de la sorte», se plaint un parent qui se considère humilié. En revanche, un proviseur à la retraite estime que son collègue a bien réagi avec cet élève.«Pourquoi lui faire perdre son temps s'il n'est pas doué pour les études ' Un métier ce n'est pas dégradant. Le Japon et les USA ont frôlé un incident diplomatique quand le Président Reagan fils a déclaré que le travailleur américain est plus rentable que le Japonais.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : B A
Source : www.infosoir.com