
Le projet de loi pour criminaliser les violences faites aux femmes fait ? encore ? parler de lui. Adopté en mars dernier par l'APN, il est toujours bloqué au niveau du Conseil de la nation. Cette situation, pour le moins inhabituelle, suscite des interrogations et provoque à présent le mécontentement. Que reproche-t-on au juste à ce texte de loi ' À apporter des dispositions salutaires pour la société ' Certains articles, à l'exemple de l'article 266 bis, prévoient des peines sévères pour l'agresseur, pour coups et blessures volontaires, rendant la victime handicapée ou causant sa mort.D'autres prennent en compte les formes de violence, verbale ou psychologique, et le harcèlement contre les femmes dans les lieux publics. Devant le "gel" du projet, les associations féminines et des droits de l'Homme n'ont pas fait dans la complaisance, parce que conscientes que la loi constitue "un outil pour la défense des victimes" et "un jalon utile" pour les femmes vers l'égalité consacrée par la Constitution. C'est ainsi qu'elles ont interpellé les gouvernants sur les conséquences de ce retard sur les femmes et les filles, victimes de violences. Tout en émettant des réserves sur, notamment, la clause du pardon de la victime (qui met fin aux poursuites judiciaires contre l'agresseur). Amnesty International s'est également impliquée dans la "bataille", en lançant une pétition destinée au ministre de la Justice pour faire adopter ladite loi. Mais, ces appels sont restés lettre morte, à ce jour. Pourtant, une voix "officielle", celle du président de la commission des affaires juridiques du Sénat, est venue rassurer le mouvement associatif et les familles des victimes de violences, encore choqués par l'attitude des islamo-conservateurs. Mokhtar Zerouali a, en effet, annoncé que le projet de loi n'est pas "bloqué", en s'attachant au "bien-fondé de ce texte et des objectifs nobles qu'il poursuit". Si bon nombre de citoyens s'accrochent aux déclarations de M. Zerouali, d'autres, en revanche, se demandent pourquoi cette "attitude de mépris et d'indifférence envers les femmes de ce pays '". Réagissant, récemment, la députée de l'émigration, Chafia Mentalecheta, n'a pas mâché ses mots, qualifiant le drame vécu par la jeune Razika Cherif d'illustration de l'impuissance de la société à faire face à de tels crimes. Selon elle, le projet de loi donne la possibilité aux femmes de passer au statut de citoyenne et à l'Etat d'assumer "son rôle de protecteur de l'ensemble des citoyens". Alors, l'Algérie de la dignité acceptera-t-elle que ses femmes meurent sous les coups de la hogra et de la violence 'H. A.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ameyar Hafida
Source : www.liberte-algerie.com