Photo : M. Hacène
De notre correspondant à Béjaïa
Kamel Amghar
Les cortèges de mécontents n'en finissent pas à Béjaïa. Recourant principalement au blocage des axes routiers, les mouvements de protestation paralysent chaque jour la circulation à travers les différentes localités de la wilaya. Au moindre problème, les citoyens engagent automatiquement le bras de fer avec les élus et les pouvoirs publics. Pour une pénurie d'eau potable, un égout bouché, une panne de courant électrique, une piste à retaper, un dépotoir d'ordures à déplacer ou tout simplement une distribution litigieuse de biens sociaux, les gens recourent automatiquement à la fermeture de toutes les issues en compliquant les choses davantage. Les travailleurs peinent alors à rejoindre leurs postes. Les écoliers font le parcours du combattant pour rallier leurs classes. Les transporteurs de voyageurs, fortement pénalisés, cumulent les déficits. Le port de Béjaïa est au bord de la faillite. Les entreprises locales s'en plaignent aussi. Certains patrons ont carrément délocalisé leurs activités pour limiter les dégâts. Cette approche suicidaire est en train d'asphyxier l'ensemble de la région. Faute de dialogue et de consultation, le divorce entre les pouvoirs publics et les populations est presque consommé. Pourtant, à la veille de chaque échéance électorale, les candidats aux assemblées locales promettent la consécration effective de la démocratie participative à travers une consultation régulière des populations. Dans certaines municipalités, des conseils consultatifs, regroupant les comités de villages et les associations de quartiers, sont même mis en place, mais sans suite. Ces Conseils ne sont que très rarement conviés aux délibérations. Les réunions périodiques promises par l'exécutif communal pour évaluer le travail accompli ou poser de nouvelles préoccupations, sont également oubliées. Sitôt la fièvre électorale estompée, les membres des APC et de l'APW oublient souvent les populations qu'ils sont censés représenter et vaquent à leurs propres affaires. La méfiance s'est ainsi installée. Aujourd'hui, plus que jamais, la nécessité du dialogue et de la concertation se fait sentir à travers l'ensemble des localités de la wilaya. Ces conseils consultatifs ou les comités populaires des villes ont un grand rôle de médiation à jouer pour réduire le fossé qui sépare responsables et administrés. Les assemblées élues, les représentants de l'administration et ceux des services publics (transport, eau, électricité, téléphone, travaux publics, santé') sont interpellés pour créer ces espaces de contact et de dialogue afin de pallier aux urgences et prévenir les situations conflictuelles. L'expérience naissante du comité de la ville (Coville) de Dar El Beida (Alger) suscite ici beaucoup d'intérêt. Périodiquement, toutes les autorités concernées se réunissent avec les citoyens pour examiner l'avancement des projets de proximité initiés et recueillir leurs doléances. Il s'agit d'une bonne idée qu'il convient de perpétuer et de généraliser à toutes les communes du pays. L'initiative est incontestablement louable, mais son efficacité dépendra des prolongements qui lui seront consacrés. Tous les partenaires de cette entreprise citoyenne doivent se surpasser pour remplir leur part du contrat social en question. C'est cette détermination commune à s'expliquer et à s'entendre qui conditionne l'ancrage de cette saine tradition dans la pratique administrative et l'exercice quotidien du mandat électif.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K A
Source : www.latribune-online.com