La région du Sahel est, depuis la chute du régime El Gueddafi, la source d'inquiétude de la communauté internationale.
Des colonnes entières de combattants pro-El Gueddafi sont entrées au nord du Mali et des quantités considérables d'armement lourd en provenance de Libye sont signalées dans la région. Ces événements interviennent au moment où le bruit de bottes se fait entendre après que le Mouvement pour la libération de l'Azawad (MLA) se prépare à une nouvelle rébellion dans le but de «chasser les occupants» de ce territoire, abandonné depuis des années aux activités des terroristes, narcotrafiquants et contrebandiers en tout genre qui se rendent services mutuellement pour fructifier et sécuriser leurs activités. L'insécurité règne en maître absolu dans cette région où la population est prise entre l'étau de la pauvreté et du terrorisme. Les hordes de Abou Zeïd et de Belmokhtar n'ont pas trouvé meilleur territoire que cette région pour en faire leur base arrière où s'entraînent des salafistes armés marocains, tunisiens, libyens, maliens, nigériens, mauritaniens, somaliens et nigérians.
La multiplication des prises d'otages dans le but évident d'arracher des rançons, le développement inquiétant du trafic d'armes et de cocaïne sud-américaine génèrent des fonds colossaux qui alimentent les activités terroristes et élargissent leur champ d'action jusqu'à la Corne de l'Afrique. A ce titre, il y a lieu de rappeler les propos de Ramtane Lamamra, commissaire africain à la paix et la sécurité, devant les experts du Caert, lors d'une conférence tenue à Alger il y a quelques jours. Le commissaire a mis en garde contre les connexions entre AQMI et les narcotrafiquants, en précisant : «L'Afrique du Nord connaît des évolutions, des réformes et des transformations démocratiques profondes et les groupes terroristes chercheront à exploiter la situation en vue d'étendre leur portée territoriale, accéder à de nouvelles sources de financement et d'armement et répandre leur message de haine et de violence.»
Abondant dans le même sens, Rezzag Bara, coordinateur interministériel chargé de l'action extérieure de la lutte antiterroriste, a estimé que le Sahel «vit une situation sécuritaire préoccupante du fait que des groupes de terroristes, notamment AQMI, financent désormais une bonne partie de leurs activités avec l'argent des rançons et les revenus générés par des trafics en tous genres, particulièrement la drogue en provenance d'Amérique du Sud». Pour lui, il faut à tout prix «empêcher toute tentative de sanctuarisation des groupes terroristes dans le Sahel africain et prévenir les prises d'otages. Il s'agit aussi de lutter pour l'élargissement du consensus international pour la prohibition du paiement des rançons aux groupes terroristes et lutter contre les connexions entre le terrorisme et la grande criminalité organisée, tout cela en encourageant le développement économique et social de la sous-région dans le cadre d'un partenariat rénové avec les acteurs extrarégionaux sans aucune ingérence extérieure». De tels propos sont sans cesse tenus par les experts dans le but d'alerter les Etats sur les menaces qui pèsent sur le Sahel et qui font de lui un deuxième Afghanistan sous l'ère des talibans.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Salima Tlemçani
Source : www.elwatan.com