Un grand ouf de soulagement! Le réaménagement du couvre-feu sanitaire a été accueilli avec joie par les habitants des neuf wilayas toujours en confinement.Le communiqué du gouvernement rendu public, en fin d'après-midi de jeudi dernier, est vite devenu viral. Il a été partagé des milliers de fois provoquant une grande confusion. Beaucoup n'avaient pas saisi au début le contenu de cette annonce. «En voyant l'information, je pensais qu'il s'agissait d'un nouveau serrage de vis», confie Mehdi, employé dans une boîte pharmaceutique. Un malentendu qu'il explique par la recrudescence de la Covid-19 enregistrée ces dernières semaines. «Franchement, je m'attendais plus à ce que les horaires du couvre-feu soient allongés que raccourcis», rapporte cet habitant de la banlieue Est d'Alger. «Surtout que quelques heures auparavant, ils annonçaient (autorités sanitaires, Ndlr) presque 200 cas des nouveaux variants», rétorque-t-il. Mehdi avoue avoir jubilé, une fois qu'il a compris qu'il pourrait désormais, rester dehors jusqu'à minuit! Une exultation partagée par la majorité de ses compatriotes toujours «partiellement confinés». Certains étaient tellement heureux qu'ils n'ont pas attendu le vendredi, date d'entrée en vigueur, des nouveaux horaires pour les «appliquer»!
D'ailleurs, jeudi soir les rues étaient encore pleines de monde après 23 h. Des commerces, notamment des cafés, sont aussi restés ouverts. «Je savais que cela commençait à partir de vendredi, mais je me suis dit si on m'interpelle, je dis que je n'avais pas compris», souligne de son côté, Farouk, jeune étudiant qui semblait «savourer» cette petite heure de plus. «Je vous jure que c'est un poids en moins. On est moins sous la pression, on peut profiter de notre soirée plus à l'aise avant de rentrer à la maison», poursuit-il avec un large sourire.
«Moins de pression»
Un grand soulagement que confirme Mourad. Rencontré vendredi soir, ce père de famille assure que depuis le début du mois sacré, toutes ses «sahrate» se faisaient en mode «Speedy Gonzales». «On devait terminer de manger très rapidement pour aller aux tarawih», soutient-il. «À la fin de ces prières, il ne nous restait qu'un petit moment pour prendre un café, échanger quelques petits mots avec des amis avant de rentrer toujours en courant, avec la peur de ne pas arriver avant le couvre-feu», ajoute Mourad, vêtu d'une djellaba, qui était tranquillement assis dans une cafétéria. Au passage, il révèle que la soirée de demain (hier, Ndlr), est réservée à ses enfants et sa femme. «Ce sera notre première sortie en famille durant ce mois sacré du Ramadhan.
Le confinement ne nous permettait pas de le faire», précise cet habitant de Réghaïa qui compte se rendre à la promenade des Sablettes. Amine et sa famille n'ont, eux, pas attendu pour s'y rendre. Dès le premier jour du réaménagement du confinement, ils y étaient! «C'est la deuxième fois que l'on vient au cours de ce Ramadhan. Mais la dernière fois, on a dû manger sur place et j'ai également ´´sauté ´´ les tarawih», révèle-t-il. Tout un «planning» qui ne l'a pas empêché d'être à la bourre! «On s'est oublié avant d'être pris dans des embouteillages. Je me suis énervé, on est arrivé après le couvre-feu. Heureusement que l'on ne s'est pas fait arrêter», raconte-t-il en profitant calmement d'un bon thé grâce à ce qu'il qualifie de «belle heure de sursis».
La joie de ce sursis
Une sérénité qui s'est fait ressentir chez la majorité des personnes aperçue dans ce lieu de loisir qui a retrouvé sa «foule ramadhanesque» à la faveur de ces nouveaux horaires de confinement. «J'habite à côté, je viens presque tous les soirs. Depuis le début du mois sacré, il y avait beaucoup moins de monde que les autres années. Certes, il n'a pas fait beau, mais le couvre-feu joue aussi un grand rôle», atteste Djaâfar, heureux de voir, en cette belle soirée de vendredi, ce lieu retrouver sa foule. «Ils ont bien fait d'ajouter cette heure de répit. Cela permet aux gens de respirer. Regardez -comment, ils sont tous heureux», fait-il remarquer. Une gaieté qui était aussi au rendez-vous chez Bouchra et ses copines. Ces jeunes demoiselles ont un péché mignon durant le mois sacré. Elles aiment sortir après le f'tour, prendre un thé ou un café dans un salon huppé ou une kheima de la capitale. «Chose que l'on n'a pas pu faire jusqu'à aujourd'hui», atteste Bouchra. «On n'a pas mis le nez dehors car le temps de finir de faire la vaisselle, de se préparer il était déjà presque l'heure de rentrer», assure-t-elle. «Avec ce nouvel aménagement, la soirée reste certes courte, mais on a au moins le temps de sortir», se réjouit-elle. «C'est une petite heure, mais qui fait toute la différence», conclu-t-elle.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Walid AIT SAID
Source : www.lexpressiondz.com