Plus de nouvelles de l'affaire Sonatrach 2.
Le report du procès de l'affaire Khalifa semble illimité. Le dossier de l'autoroute Est-Ouest s'éternise.
On s'occupe de l'échéance présidentielle, et comme on ne peut pas faire deux choses à la fois, la justice doit céder le passage à la politique. Quant à l'équipe nationale de football, qui joue la qualification pour la Coupe du monde, elle a le droit d'occuper l'actualité et l'espace public, le temps de connaître son résultat.
Ce match nous occupe depuis quelques semaines et nous occupera encore quelques jours. Et, après, on reviendra à la question du siècle : quatrième mandat ou pas quatrième mandat '
Du côté du régime, chaque jour a son lot d'annonces tendant à nous convaincre qu'il serait vain de tenter de s'opposer au projet de continuité que le Président, désormais affublé d'un pouvoir total et soutenu par tout ce qui aspire à une existence après 2014, est en train de mettre en ?uvre, touche par touche, décret de limogeage après décret de nomination. Du côté de ses dépendances, l'on se succède à la tribune pour lancer l'appel à la pérennité de la mamelle. La dernière sollicitation émane de l'UGTA, qui découvre enfin qu'il n'y a que le Président qui puisse délivrer le Smig de son vice originel, l'article 78 bis. Alors, smicards de tout le pays, unissez-vous !... pour un quatrième mandat.
Pendant que la route cause cinquante accidents mortels en deux jours (13 et 14 novembre), provoquant vingt-cinq morts et quatre-vingt-seize blessés, le ministre des Transports distribue des médailles aux anciennes gloires sportives. Alors que la pluie tue cinq personnes en moins de quarante-huit heures (du 15 au 16 novembre), le ministère de l'Habitat annonce que son serveur AADL a enfin "débuggé" et qu'il pourra bientôt nous composer une liste d'hypothétiques futurs heureux bénéficiaires. Mais, qu'une partie des enseignants soit à l'arrêt ou que des batailles rangées empoisonnent la vie des cités, cela est presque l'affaire exclusive d'une "certaine presse".
Heureusement qu'il y a la récréation du match de l'équipe nationale pour couvrir à coups de klaxons et de vuvuzelas ce chahut médiatique. Sinon, il pourrait faire penser qu'en plus de ses surcoûts, ses retards et des malversations auxquelles elle a donné prétexte, la fameuse autoroute pourrait avoir, dans sa conception, quelque responsabilité dans le surcroît d'accidents mortels, notamment sur son tronçon Bouira-Lakhdaria. Il pourrait aussi rappeler qu'il n'est pas concevable de mourir parce qu'il a plu. Pas parce qu'il a trop plu, mais parce qu'il a plu, tout simplement.
Ce n'est donc pas parce qu'une partie des enseignants est à l'arrêt ou parce que les batailles rangées se multiplient dans les cités que le pouvoir va faire le pompier et prendre le risque de perturber une prenante activité de campagne. C'est encore, là, une affaire de médias, toujours prompts à s'émouvoir. Mais qu'est-ce que ce sera le jour où Chakib Khelil reviendra dans son pays se mettre à l'abri de la justice italienne '
Après le match, la vie reprendra son cours, faite de déplacements du Premier ministre dans les wilayas, d'annonces de Saâdani, d'appels à candidature, de déclarations de soutien et d'avis de ralliement... Les jours à venir seront très animés, dans notre pays en panne. Miracle de la rente !
M. H.
musthammouche@yahoo.fr
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mustapha Hammouche
Source : www.liberte-algerie.com