Alger - A la une

Une option mort-née '



Toutes les propositions visant à calmer la rue se heurtent désormais à un refus, rejet catégorique des Algériens qui ont choisi de l'exprimer en marchant tous les vendredis. Ce 29 mars, l'option Zeroual semble avoir aussi volé en éclats.Abla Chérif - Alger (Le Soir) - Le retour de Zeroual ne fait pas consensus au sein de la population qui manifeste chaque week-end pour exiger le départ du système et de tous ses symboles. Ce vendredi, la foule a exigé le retrait d'un grand poster de l'ancien Président accroché à la façade d'un immeuble Place Audin.
Des cris s'élèvent, hommes et femmes sifflent, huent et scandent «dégage». Son image d'homme plébiscité par la rue algérienne lors de son accession au pouvoir en 1995, le respect suscité en démissionnant trois ans plus tard, ne lui ont pas valu grâce aux yeux d'une population à la recherche d'une rupture véritable.
La réapparition de son nom dans les débats politiques en cours a suscité également de nombreuses interrogations. Bien que n'ayant pas été introduite de manière officielle, la possibilité de son retour est évoquée depuis un moment. Les parties au pouvoir tentent de le convaincre, dit-on, d'accepter de gérer une période de transition ne devant normalement pas dépasser les six mois. Elle servirait aussi, dit-on encore, à calmer la colère de la rue qui refuse désormais toute figure assimilée au régime en place depuis vingt ans.
Des informations en cours laissent entendre que le concerné a d'abord émis des réserves avant d'accepter de discuter puis de s'octroyer une période de réflexion.
Depuis quelques jours, d'anciens collaborateurs de Zeroual s'expriment ouvertement sur le sujet laissant entendre que ce dernier aurait fait savoir qu'il ne céderait que sous la pression populaire. Doit-on y voir un lien avec les rassemblements qui se sont déroulés ce vendredi devant la porte de sa demeure à Batna ' Les correspondants de presse ont, en effet, rapporté que de très nombreuses personnes se sont arrêtées près de sa demeure pour scander des slogans favorables à son retour.
Ses partisans (Zeroual jouit d'une grande popularité dans sa région natale) lui ont demandé d'accepter la présidence de la République au moment où une foule plus grande exprimait l'inverse ailleurs. Le consensus n'y est pas, «car il est à rechercher d'abord auprès du peuple», commentaient des personnes d'un certain âge à Alger au moment où son portrait était décroché. «On a dit dégagez tous, c'est tous», hurlait à ce moment un groupe de jeunes en brandissant une pancarte exigeant l'application de l'article 7 «souveraineté au peuple».
Les analystes ayant émis des réserves durant la semaine écoulée ne se sont pas trompés. Relayés par des parties politiques, ils ont jugé l'option très peu convaincante et surtout susceptible d'obtenir grâce aux yeux d'une opinion d'abord à la recherche d'un changement réel mais auquel elle aurait ensuite participé. Or, aucun des éléments recherchés n'y figure. L'option Zeroual semble émaner de parties figurant dans le système dont le départ est exigé, et l'homme en lui-même demeure (en dépit de sa bonne foi) une figure incluse dans la longue liste des responsables ayant conduit le pays à la ruine.
Ce vendredi, à la place Audin, des personnes d'un certain âge n'ont pas manqué de rappeler que c'est sous son règne que Ahmed Ouyahia a procédé à la fameuse opération «ponction sur salaires» et «l'opération mains propres» ayant conduit des dizaines de cadres intègres en prison. Sur les réseaux sociaux, ces points noirs de l'époque Zeroual sont souvent évoqués par les internautes hostiles à cette «proposition».
D'une manière générale, la réponse de la rue s'est fait entendre avant même qu'elle ne soit soumise officiellement. Le fait aurait d'ailleurs poussé l'ancien Président à se raviser et interrompre les «discussions» auxquelles il s'est prêté dernièrement. Son déplacement à Alger cette semaine a été «reporté».
A. C.
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