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Une opportunité qui pourrait profiter à l'Algérie



Une opportunité qui pourrait profiter à l'Algérie
Confrontées à la chute drastique des cours du pétrole, les grandes compagnies pétrolières et gazières mondiales décident de réduire leurs investissements pour la deuxième année consécutive. Les investissements mondiaux dans le pétrole et le gaz devraient ainsi tomber cette année à 522 milliards de dollars, après une baisse de 22%, contre 595 milliards en 2015.À environ 40 dollars actuellement, le prix du baril évolue encore loin du seuil des 60 dollars requis pour que des sociétés telles que Total, Statoil ou BP, pour ne citer que ces exemples, équilibrent leurs comptes. Cette mesure à laquelle ont recouru ces groupes ne sera pas sans conséquences, cependant, sur le marché international. Premier impact : la remontée des prix du Brent à environ 40 dollars après avoir frôlé les 30 dollars le baril en janvier 2016, le plus bas niveau depuis 2003. Cette baisse ou report de ces projets d'investissements va, en effet, faire baisser la production qui entraînera une diminution de l'offre. La réduction de la production des champs de pétrole existants associée à une hausse de la demande créeront le besoin d'un million de barils par jour supplémentaires chaque année d'ici à 2020, estiment les experts. D'ici à cette échéance, dans un tel contexte, où les investissements sont pratiquement bloqués, 25 millions de barils par jour, de nouvelles capacités doivent être lancées. Ce qui situerait le déficit d'offre, d'ici à 2020, selon les spécialistes, entre 5 et 10 millions de barils par jour. Cette situation est plus que favorable à l'Algérie qui voit sa principale compagnie pétrolière nationale profiter de cette nouvelle donne. Sonatrach, qui est une entreprise publique, souligne l'économiste, et non moins spécialiste des hydrocarbures, Mustapha Mekideche, doit assurer la sécurité énergétique du pays à long terme. D'où la décision de maintenir son programme d'investissements en dépit de la crise qui secoue le monde. Le ministre de l'Energie, Salah Khebri, a assuré que les investissements dans le secteur de l'énergie seraient poursuivis normalement en dépit de la baisse des prix du brut et des revenus financiers du pays. Pour lui, même dans l'hypothèse d'insuffisance de ses ressources financières pour réaliser ses investissements, Sonatrach dispose de deux solutions. La compagnie, qui n'a "aucune dette externe" jusqu'à présent, peut "recourir à l'endettement extérieur, à l'instar de ce que font les grandes compagnies pétrolières, ou bien s'appuyer sur le partenariat", a-t-il précisé. M. Khebri avoue que Sonatrach n'a pas le choix. Elle est dans l'obligation d'augmenter ses capacités de production pour garantir une indépendance énergétique à long terme au moment où la demande nationale sur l'énergie augmente sans cesse. La consommation énergétique du pays est passée, explique-t-il, de 30 millions de tonnes équivalent pétrole (tep) en 2000 à 58 millions tep en 2015. Ces orientations constituent l'une des grandes lignes de la stratégie énergétique de l'Algérie à l'horizon 2030 qui s'articule autour de deux fondements, à savoir l'augmentation de la production et de la rationalisation de la consommation. Ces projections de reprise de la production, qui devrait marquer la rupture avec près d'une décennie de repli, sont "liées dans une large mesure à des investissements mineurs qui ont permis surtout d'optimiser les ressources en pétrole et en gaz déjà existantes, tout en réduisant les coûts de ces investissements", relève le P-DG de Sonatrach, Amine Mazouzi. Ce n'est donc pas le cas de ces multinationales privées qui cherchent des résultats à court terme. "Quand les prix sont élevés, nous surinvestissons et nous avons un impact sur la demande. Quand les prix sont bas, nous sous-investissons, et la demande devient positive." Cette phrase d'un DG d'une firme européenne résume l'attitude des groupes pétroliers vis-à-vis de l'évolution des cours de l'or noir sur le marché.B. K.


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