Depuis le recouvrement de son indépendance en 1960, le Mali a connu une série de coups d'Etat dont le dernier en date a conduit au départ forcé d'Ibrahim Boubacar Keita, le 18 août 2020. Les auteurs du putsch ont dû céder à la double pression de l'Union africaine et de la communauté internationale en acceptant de nommer un président de transition et en restituant la gestion des affaires courantes à un gouvernement civil conduit par un Premier ministre. Le président Bah N'Daw et le chef du gouvernement Mokhtar Ouane ont été arrêtés lundi soir par des militaires, après avoir composé un nouveau gouvernement qui, affirme le chef de l'armée, le colonel Assimi Goïta, constitue une mise en cause de la feuille de route adoptée par les dirigeants de la transition. Une chose est sûre, les nominations intervenues à cette occasion ont fortement mécontenté, les militaires installés à la Défense et à la Sécurité ne faisant pas partie du groupe des auteurs du coup d'Etat de 2020.Etrangement, le coup de force a été mené au moment même où le Conseil de paix et de sécurité tenait une réunion consacrée au Mali et présidée par le MAE, Sabri Boukadoum, l'Algérie étant le chef de file de la médiation internationale qui cherche à stabiliser ce pays du Sahel, longtemps tributaire de rébellions touarègues et, depuis une décennie, d'une vague de pseudo-jihadisme porteuse d'interventions militaires étrangères diverses. En replongeant dans une nouvelle crise politique aiguë, le Mali fait peser une menace pendante sur notre frontière commune et, sur le plan sécuritaire, le hasard est rarement de la partie. Le chef de la diplomatie algérienne a appelé à la «persévérance» afin d'avancer dans le processus de transition et d'«obtenir des résultats concrets dans la feuille de route de décembre, portant, entre autres, sur la mise en oeuvre de l'Accord de paix, issu du processus d'Alger».
Lequel processus vise à garantir la souveraineté et l'intégrité territoriale du pays voisin et frère, au moment où les groupes terroristes dominés par Aqmi ne semblent nullement contraints par la force du G5 Sahel, la force française Barkhane, la force européenne Takuba et la force onusienne intervenant dans le cadre de la Minusma. Voilà presque une décennie que certaines d'entre elles mènent un combat incertain contre ces groupes et le Mali ne cesse de se débattre dans une crise socio-économique et politique majeure dont les conséquences sont, par essence, dramatiques.
Les nouveaux rebondissements intervenus à Bamako posent plus de questions qu'ils n'apportent de réponses et il est clair que la menace endémique sert des intérêts dont l'Algérie constitue une cible et c'est pourquoi la vigilance frontalière doit non seulement être permanente mais puissamment renforcée, sachant que les violences dans ce pays ont provoqué des milliers de morts et des centaines de milliers de réfugiés.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chaabane BENSACI
Source : www.lexpressiondz.com