La reconduction pour une durée de 10 jours de l'interdiction de la circulation routière, de et vers les wilayas, n'a pas eu d'impact direct sur le marché de la consommation. Bien au contraire, ce qui est observé ces derniers jours au niveau du marché des fruits et légumes, c'est l'abondance des produits. Néanmoins, certains produits connus par leur cherté ne trouvent pas preneurs, et dans le même sillage, le marché informel prend le pas sur les marchés couverts de la capitale.Abdelhalim Benyellès - Alger (Le Soir) - Ce sont les points de vente improvisés aux alentours de certains quartiers de la capitale et sur les abords des routes qui sont les plus animés. Là, les produits sont largement à la portée des consommateurs, et les plus chanceux, ce sont les automobilistes qui se déplacent pour s'approvisionner à des prix moins élevés et en quantité. L'un d'eux, un retraité, nous a dit avoir trouvé son compte après les appréhensions suscitées par le coronavirus. Dans certains endroits, les produits sont étalés en lots. Pour le cas de la pomme de terre, la tomate, le piment, la courgette, les carottes, la betterave, les oignons, les haricots verts, la salade verte, tous ces légumes sont exposés dans certains carrés improvisés à un prix unifié de 30 dinars le kilo. Ce qui n'est pas le cas pour les marchés couverts de Belouizdad, Bab El Oued, ou le marché Clauzel d'Alger-Centre. Ces marchés affichent des prix nettement supérieurs, à l'image de la pomme de terre à 45 DA, la tomate à 50 DA ou le raisin à 450 DA.
Mis à part certains produits rares, comme le citron , le poisson ou les viandes rouges, habituellement inaccessibles, dans leur globalité, les prix des fruits et légumes sur les marchés de détail connaissent un recul relatif après la flambée enregistrée au début de la pandémie du coronavirus, et l'affluence de la clientèle se fait de plus en plus remarquer. Certains commerçants rencontrés expliquent cette baisse « subite » de ces derniers jours par l'abondance des produits maraîchers qui coïncide avec la dégradation du pouvoir d'achat du citoyen, mais aussi par la multiplication des marchands, ceux qui se retrouvent sans revenu en raison du confinement. C'est ce qu'explique d'ailleurs Ahmed, un ouvrier journalier au chômage depuis plus de trois mois. « Je n'ai plus aucun revenu depuis quatre mois. Comment voulez-vous que j'approvisionne convenablement mon foyer », explique-t-il, avant d'ajouter, qu'« heureusement, je saisis l'opportunité de me reconvertir en vendeur de fruits et légumes ». Deux de ses enfants scolarisés se débrouillent aussi dans des emplois informels pour subvenir aux besoins de la famille. Parmi les vendeurs informels, eux-mêmes privés aussi d'emploi depuis quelques mois, ils s'accordent à témoigner que les prix affichés ces derniers jours sont largement à la portée de la ménagère. Néanmoins, il faut reconnaître que certains produits indisponibles sont hors de portée, à l'instar du citron exposé seulement dans les marchés couverts de la capitale à 450 DA, tout comme d'ailleurs la sardine qui a atteint la barre des 800 DA.
Un vendeur aux abords du marché de Belouizdad nous fait savoir que le poisson se fait rare, et de ce fait, il se contente de liquider un mince quota journalier, mais sans pour autant se tourner vers le poisson blanc qu'il juge inaccessible car, selon lui, la demande est presque inexistante. En général, le poisson blanc est fixé entre 1 800 DA et 2 000 DA alors que la crevette demeure intouchable. La demande sur le poulet enregistre quant à elle un recul considérable. En témoigne un commerçant, qui souligne que les viandes blanches ont franchi le seuil des 280 DA le kilo depuis le début de la pandémie, tout comme d'ailleurs les 'ufs proposés à 13 DA la pièce, qui ne suscitent qu'une rare demande, précise le même interlocuteur. S'agissant des viandes rouges, considérées comme un produit de luxe pour l'Algérien, le consommateur se permet de s'en passer aisément, nous le confirme un boucher, pour lequel «l'approche de l'Aïd-el-Adha y est pour beaucoup», précisant que les bouchers sont habitués au comportement du consommateur en cette période.
Tout comme les légumes qui attirent grand monde, la ménagère peut se réjouir en s'approvisionnant en fruits de saison, à l'instar de la pastèque et du melon où la pièce varie largement entre 110 et 300 DA. Dans le même ordre d'idée, c'est la banane qui fait le bonheur de la clientèle car elle connaît ces jours-ci une chute libre et est affichée dans certains endroits à 150 DA seulement le kilo sur les aires de vente à la sauvette, alors que dans les marchés couverts, elle garde l'ancienne tendance entre 190 DA et 210 DA le kilo. Pour ces derniers lieux devenus peu fréquentés, ils n'accueillent plus beaucoup de monde si l'on prend comme référence le raisin qui est cédé à 450 DA le kilo, alors qu'ailleurs il est proposé entre 150 DA et 170 DA. En fait, ce qui est à remarquer, c'est que les marchés informels qui activent librement se multiplient un peu partout dans quelques circonscriptions d'Alger en raison de la multiplication des vendeurs, dans leur majorité issus de la catégorie des ouvriers mis au chômage en raison de la situation sanitaire et de la persistance du confinement. Ce qu'il faut signaler aussi, c'est que l'interdiction de la circulation routière, de et vers les wilayas, n'a eu aucun effet sur les activités du marché des fruits et légumes de la capitale.
A. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelhalim Benyellès
Source : www.lesoirdalgerie.com