Après plus d'un an de fermeture des frontières en raison de la pandémie de Covid-19, la communauté algérienne établie à l'étranger verra enfin le bout du tunnel. Les expatriés algériens seront autorisés prochainement à fouler le sol de leur pays d'origine. À peine annoncée par le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, cette nouvelle a été instantanément et massivement relayée par les médias ainsi que sur les réseaux sociaux, laissant place au soulagement du côté de ces Algériens n'ayant pas pu rentrer au pays depuis plus de 13 mois.Massiva Zehraoui - Alger (Le Soir) - L'attente aura été longue pour les milliers d'Algériens installés à l'étranger, mais interdits d'accès à leur pays depuis plus d'une année pour des considérations sanitaires. Le protocole mis en place dès l'apparition des premiers cas de Covid-19 a entraîné la fermeture des frontières en mars 2020, pour une durée indéterminée.
Cette situation a été vécue par la plupart de nos concitoyens éparpillés à travers le globe, comme un cauchemar éveillé. « Le plus dur pour nous, était de ne pas savoir quand les frontières allaient rouvrir», témoigne Adlene, jeune informaticien de 30 ans, installé à Bordeaux dans le sud-ouest de la France. Faisant part de son soulagement après avoir eu vent d'une perspective de reprise des vols vers l'Algérie, Adlene avoue qu'il ne s'y attendait pas. Particulièrement à ce moment précis, avec la détection des nouveaux variants du virus.
Sur un autre plan, il a pointé du doigt la gestion des autorités algériennes de cet aspect de la crise sanitaire, estimant que la fermeture totale des frontières était une mesure extrême. II rappellera également dans ce sens, l'anarchie qui a caractérisé l'opération de rapatriement des Algériens bloqués à l'étranger pendant des mois.
Adlene espère par ailleurs que la reprise des vols mettra fin au calvaire des expatriés. Le sentiment exprimé par ce jeune ressortissant établi en France depuis plus de huit ans est partagé par la majorité de la diaspora algérienne. Une expérience douloureuse, soulignent d'aucuns, notamment sur le plan psychologique. Ils tiennent aussi à signaler que les ressortissants algériens ont contribué à inciter le gouvernement algérien à rouvrir les frontières pour leur permettre de rentrer au pays. Il y a lieu de rappeler que des rassemblements et des sit-in pour réclamer la réouverture de l'espace aérien étaient régulièrement observés devant des consulats et des ambassades par les Algériens installés à l'étranger.
Souad, 40 ans, une Algérienne vivant au Canada, pense d'ailleurs que cela a beaucoup pesé dans la balance. «La multiplication des appels des ressortissants à l'adresse des autorités algériennes ont fini par payer d'une certaine manière », explique-t-elle. Notre interlocutrice qualifie ces derniers mois de supplice. Pour Souad, l'attente a été insupportable. « Je me console en me disant que je vais bientôt revoir ma mère qui est malade», dit-elle.
Rachid, un autre ressortissant algérien établi en France, plus précisément à Reims, pense déjà à réserver son billet pour l'Algérie dès que ce sera possible afin d'éviter «d'être pris en embuscade pour réserver sa place dans l'avion». Cet ingénieur formateur en télécommunication, anticipe en signalant que si les frontières rouvrent pendant la saison estivale, «il faut s'attendre à des bousculades».
Une autre partie des expatriés algériens explique que le soulagement ressenti à l'annonce de cette éventuelle reprise des vols se mêle toujours à un sentiment d'amertume, causé par des mois d'angoisse permanente et de grandes incertitudes quant à l'évolution de la situation. Certains redoutent même que les autorités reviennent sur leur décision, compte tenu du caractère instable de la situation épidémiologique. Ils sont d'ailleurs nombreux à relever qu'il ne faut pas crier victoire trop vite, mais attendre de voir de nouveaux détails sur la question.
M. Z.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Massiva Zehraoui
Source : www.lesoirdalgerie.com