
On ne peut pas compter le nombre de nouvelles, de poèmes, d'auteurs débutants ou confirmés, comme Malek Haddad ou Djamel Amrani, dédiés à la Palestine. Mon c?ur sera un brasier dont les flammes s'élanceront. Pour écrire en lettres menaçantes, l'unique mot Palestine. Ce furent des vers de jeunesse de Tahar Djaout alors collégien. Il n'y sans doute que la poésie consacrée à la Guerre de libération ou à la revendication amazighe qui peut prétendre au même niveau de production. Jusqu'au milieu des années 80, beaucoup de jeunes versificateurs, en arabe et en français, ont chanté la Palestine blessée ou révoltée. L'OLP était alors en pleine phase ascendante et, à travers le monde, les fedayin étaient le symbole du courage et de la ténacité. Dans les revues comme « Promesses », à travers les journaux ou les ondes de la radio, des poètes éructent leur indignation. Ils déclament tantôt leur souffrance et tantôt leur révolte. Cette sensibilité à fleur de peau naît de la compréhension instinctive des Algériens qui ont subi une situation quasi identique. Ils ont affronté le même déni et souffert d'une colonisation de peuplement.Livres et chansonsMohamed Boudia, connu pour son engagement dans le théâtre, a poussé celui-ci au point de rejoindre les rangs des partis de la gauche palestinienne, jusqu' à son assassinat par le Mossad en 1973. Sur les planches, l'une des plus grandes pièces de Kateb Yacine est « Palestine trahie ». Elle mêlait, dans les années 70, les échos de cette lutte aux dénonciations des régimes arabe caricaturés comme valets de l'impérialisme. La troupe Debza, née pour porter le même message, a clamé sur le même ton son soutien dans « Qalbi Fi Falastin » (mon c?ur est en Palestine). Une chanson coup-de-poing où sont évoqués les massacres de Tell Ezzaater en août 1976. Alger recevait alors les maîtres de la chanson arabe engagée comme Marcel Khelifa ou les poètes de la contestation.Cette chanson n'est pas la seule puisque Mohamed El Badji, après Abderrahmane Aziz, en a composé une autre « Nahdilek rouhi ou mali nehleflek bimine ». Au début des années 70, elle eut un succès fulgurant et était fredonnée par tous les jeunes. Des dizaines de chanteurs, tout au long de ces dernières années, ont mis en vers et en musique le drame de Ghaza. A ce cortège d'indignation peut se mêler la voix de Noureddine Abba qui a écrit une pièce intitulée « L'aube à Jérusalem », l'une de ses premières ?uvres à paraître à Alger vers 1979.« Sanaoud » le film de Mohamed Slim Riad sur les écrans témoignait aussi de cet intérêt et du soutien à une cause symbole. Depuis quelques années, la création algérienne se nourrit à d'autres sources. Les divisions qui ont affaibli les rangs palestiniens ont peut être fait tarir quelque peu cette veine de création. Elle ne s'est pas pour autant asséchée, l'une des livres dont on a beaucoup parlé ces dernières années a été « L'Attentat » de Yasmina Khadra, inspiré de la tragédie palestinienne.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : R Hammoudi
Source : www.horizons-dz.com