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Une implication de l'administration relevant du fait du prince



Une implication de l'administration relevant du fait du prince
Jeudi, le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales Noureddine Bedoui, interrogé par la presse en marge d'une séance plénière au Sénat sur la réponse que son administration allait faire à la requête des opposants d'Ahmed Ouyahia souhaitant empêcher la tenue du congrès du RND prévue du 5 au 7 mai, a clairement signifié qu'elle ne sera pas examinée et ajouté «ne pas comprendre cette tendance à vouloir s'adresser à chaque fois à l'administration pour régler ces questions (les conflits internes partisans)».Le refus formulé par le ministre de l'Intérieur d'un examen par l'administration de la requête des anti-Ouyahia peut avoir induit d'aucuns à y voir l'instauration d'une nouvelle ère dans les rapports entre l'administration et les partis politiques, conséquence de l'entrée en vigueur de la Constitution révisée, récemment, entérinée par les chambres parlementaires. Qu'ils se détrompent, révision ou pas de la Constitution, l'administration à la tête de laquelle se trouve Noureddine Bedoui continuera à exercer une contraignante et étouffante tutelle sur le fonctionnement des partis politiques qu'ils soient du côté du pouvoir ou dans l'opposition et à s'ingérer arbitrairement dans leurs affaires internes.La preuve en a été fournie par la décision prise par la wilaya d'Alger, probablement instruite par le département que Bedoui dirige, d'interdire la tenue du congrès du MDS au motif qu'il existerait en interne dans ce parti un conflit la rendant problématique. A quelques jours d'intervalle seulement, l'administration sous autorité de Noureddine Bedoui a opté pour deux positions contradictoires : s'ingérer arbitrairement dans les affaires du MDS et rejeter la requête formulée par des contestataires du RND lui demandant d'agir de même concernant celle de leur parti.Le ministre de l'Intérieur ne peut prétendre qu'il y a désormais du nouveau, positif, dans les rapports de l'administration avec les partis politiques. Les entraves à la fois bureaucratiques et brutalement autoritaires qu'elle met pour les empêcher d'activer sur la scène politique en sont la démonstration. Le RND n'a certainement pas échappé à l'ingérence dans sa vie organique par l'administration parce qu'elle a décidé de ne plus agir ainsi, mais du fait qu'il lui a été très probablement enjoint de ne pas s'en mêler pour des raisons dont seules ont connaissance les hautes sphères du pouvoir dans lesquelles Ahmed Ouyahia paraît conserver des soutiens.Pour que le semblant de refus marqué par le ministre de l'Intérieur à l'implication de l'administration dans les questions organiques des partis parvienne à s'acquérir du crédit, il faut mettre fin aux lois en exercice régissant leurs rapports d'une façon si arbitraire et franchement liberticides. Que la révision de ces lois ne soit pas laissée à la seule appréciation de l'administration et que les partis aient leur mot à dire sur leurs dispositions. L'on ne dira jamais assez qu'il ne suffit pas qu'une constitution énonce des principes démocratiques et libéraux pour que la vie publique en serait automatiquement imprégnée. Pour qu'il y ait des chances qu'il en sera ainsi, c'est par des lois d'application respectant le fond et les principes de cette constitution. Ce que connaissant du pouvoir il serait naïf de croire qu'il est prêt à rendre effectives les quelques concessions constitutionnelles progressistes dont il a été contraint de parsemer la Constitution.


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