
C'est l'une des icônes emblématiques de la protest songs des seventies que les nouvelles générations shootées aux standards du Web 2.0 et du mp4 ne connaissent sans doute pas. Parmi ses titres emblématiques Ay Aqlalas, un texte d'anthologie très imagé et d'une rare densité poétique. Au début des années 1980, il a composé des musiques pour films, dont Hassan Taxi de Mohamed Slim Riad.C'est l'une des icônes emblématiques de la protest songs des seventies que les nouvelles générations shootées aux standards du Web 2.0 et du mp4 ne connaissent sans doute pas. C'est Assam Mouloud, puisque c'est de lui qu'il s'agit, a rangé ses instruments de musique depuis plus de 35 ans maintenant. Il a arrêté la scène en 1980. Ce natif de Bouhinoun à Tizi Ouzou en 1952 a eu pourtant les éloges de Cherif Kheddam, à l'époque où le maître de la chanson kabyle officiait à la Chaîne II de la Radio nationale. C'est au milieu des années 1970 au sortir de ses études chez les Pères Blancs qu'Assam Mouloud atterrit à Alger dans une entreprise de génie civil. L'occasion pour lui de fréquenter les milieux culturels et universitaires, dont la fac centrale fut alors un véritable bouillon de culture et de militantisme. Après des soirées entre copains, on lui a suggéré d'aller voir Cherif Kheddam. Celui-ci lui demande une maquette avec un enregistrement. Deux chansons sont enregistrées dans un studio à la rue Hoch, avant de subir le verdict de la commission d'écoute. Emerveillé par le travail, Cherif Kheddam invite l'artiste à la radio. Le test fut concluant. Assam, qui crèche alors à la rue d'Isly à Alger, a dû, pour immortaliser son passage à la radio, utiliser un vieux magnétophone.Comme c'était la veille de la finale de la Coupe d'Algérie qui devait mettre aux prises la JSK avec NAHD, le vacarme des supporters kabyles accompagnait l'enregistrement de l'émission. Un enregistrement artisanal, en somme. En 1978, Cherif Kheddam prend avec lui un enregistrement de dix titres du jeune artiste pour le déposer chez un éditeur parisien, Artistes arabes associés (AAA), issu de la restructuration de Pathé Marconi. "J'ai vu des maisons d'édition à Alger ; mais j'étais un peu naïf pour ce monde-là", avoue Assam. Parmi les chansons enregistrées figure Ay Aqlalas, un texte d'anthologie très imagé et d'une rare densité poétique, d'ailleurs repris avec brio par le chanteur Ali Amrane. C'est un dialogue entre une femme et son jeune mari, frivole à bien des égards, parti trop tôt en exil. La femme guette alors son retour hypothétique en scrutant les bateaux qui accostent à la baie d'Alger. "Mon salut comme viatique, à tous les exilés tu le porte", dit-elle, avant que l'exilé ne s'enthousiasme : "Vivement le retour !" "J'ai signé le contrat et la cassette est éditée à Paris. On m'a d'ailleurs envoyé un échantillon de dix exemplaires", affirme notre interlocuteur. Auparavant, Assam Mouloud a animé trois ou quatre concerts à Alger et Tizi Ouzou, avant de se concentrer sur son travail de cadre dans une entreprise de bâtiment. Au début des années 1980, il a composé des musiques pour films, dont Hassan Taxi de Mohamed Slim Riad et Le mariage de Moussa du réalisateur Tayeb Mefti. Il a aussi adapté sur clavier quelques-unes de ses créations musicales, comme Afrique, Tameslayt , Targit, etc. L'instrumental venait de naître. 14 ?uvres sont déposées à la discothèque de la radio, dont 10 sont éditées dans son unique album en 1980. Après une coupure de 35 ans, Assam Mouloud revient sur scène, à l'occasion d'un concert organisé, samedi 31 octobre, à Montréal, par la fondation Tiregwa. L'artiste songe d'ailleurs à reprendre du service avec son fils Ghiles qui vient de sortir diplômé de l'Institut national supérieur de musique.Y. A.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yahia Arkat
Source : www.liberte-algerie.com