
La classe politique tunisienne s'est sentie trahie.La confirmation par le président tunisien Béji Caïd Essebsi de l'autorisation donnée aux USA de survoler le ciel tunisien a suscité de vives appréhensions de l'Algérie, liée à la Tunisie voisine par un accord de coopération de défense commune, mais aussi l'inquiétude de l'opposition tunisienne quant aux relations algéro-tunisiennes. Qualifiant la décision d'Essebsi de «grave dérive», des parlementaires et des partis politiques d'opposition tunisiens ont exigé dans des déclarations que leur gouvernement présente des excuses à l'Algérie», ne manquant pas de revendiquer le départ du ministre de la Défense nationale. La classe politique tunisienne s'est sentie trahie et la Tunisie est accusée désormais d'avoir donné un coup de poignard dans le dos des Algériens. Malgré les accords de collaboration sécuritaire entre les deux pays, la Tunisie ne s'est pas sentie obligée d'informer l'Algérie sur cette décision. L'ancien ambassadeur de la Tunisie à Alger, Mohamed Nadjib Hachana, n'a pas caché non plus son hostilité quant à cette «dérive», soulignant que «l'Algérie demeure advienne que pourra la colonne vertébrale de la stabilité dans la région», appelant le président tunisien «à agir en toute transparence avec l'Algérie et à consolider la coopération sécuritaire».Le diplomate ne manquera pas de dire que «l'Algérie fait objet d'un complot international visant sa stabilité». L'ancien représentant de la diplomatie tunisienne en Algérie, prétend que «les USA ont exercé une forte pression sur la Tunisie pour son projet relatif à l'installation de bases militaires US». Ce fut certainement au moment de la visite du président Essebsi en 2015 à Washington. Une visite pour laquelle la Tunisie «mérite» le statut d'allié spécial non-membre de l'Otan. C'est le président sortant Barack Obama lui-même qui fera cette annonce. Une distinction qui apporte un haut niveau de coopération stratégique dont bénéficient déjà des pays comme le Japon ou Israël. Le futur ex-président des USA déclarait en mai 2015, à l'issue de la réunion avec son homologue tunisien. «Je veux que le Président et les Tunisiens sachent que les Etats-Unis croient en la Tunisie et s'investissent dans son succès. Nous serons pour vous un partenaire stable dans les prochaines années», a déclaré Barack Obama. Cette annonce n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd, puisque l'Algérie affiche son intention inconditionnelle de construire un mur de 365 km à la frontière avec la Tunisie dans le cadre de la lutte antiterroriste et le trafic d'armes. A l'évidence «la présence américaine dans un pays voisin met en danger la sécurité nationale algérienne», avait déclaré Louisa Hanoune chef du Parti des travailleurs. Les formations politiques tunisiennes soutiennent la position de l'Algérie, estimant à l'image du parti du Mouvement El Mahaba, que le gouvernement tunisien doit rattraper le tir et réorienter ses objectifs, soulignant que l'Algérie est un allié indispensable dans la lutte antiterroriste. Les Tunisiens ont exprimé leur inquiétude quant à l'avenir des relations entre les deux pays, craignant une réaction irréductible de l'Algérie.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ikram GHIOUA
Source : www.lexpressiondz.com