Alger - A la une

Une expertise internationale à la rescousse



Selon le ministre du Commerce, l'acte d'exporter ne doit plus être géré de façon administrative, mais par plus de professionnalisme chez les acteurs.Comment booster les exportations hors hydrocarbures' C'est la question sur laquelle se sont penchés des opérateurs économiques et représentants d'associations professionnelles lors de la réunion d'un panel qui s'est tenue hier au Palais des expositions des Pins maritimes (Alger) et rehaussée par la présence du ministre du Commerce Mohamed Benmeradi. Dans son intervention d'ouverture des travaux, le ministre a tenu à rappeler à l'assistance que «cela fait plus de 20 ans que l'on parle de booster nos exportations hors hydrocarbures mais tout ce qui a été entrepris jusqu'ici n'a été en majorité que des opérations sporadiques». Et pour que «nos exportations deviennent pérennes au lieu d'être conjoncturelles, nous allons faire appel à une expertise internationale afin d'une part d'identifier tous les obstacles qui freinent considérablement notre commerce extérieur et d'autre part faire une évaluation exhaustive des produits éligibles à l'exportation». Le représentant du gouvernement a par ailleurs fait savoir dans ce sens «que de nouvelles mesures concernant le commerce extérieur vont bientôt être prises». A propos du professionnalisme dans l'activité de l'export le ministre a fait remarquer qu' «on ne s'improvise pas exportateur car c'est un créneau qui requiert beaucoup de savoir-faire et de ténacité». Concernant les obstacles administratifs, le ministre a considéré que «l'acte d 'exportation ne doit plus être géré de manière administrative». A l'adresse des opérateurs économiques présents à la réunion de ce panel il leur a dit: «L'acte de produire doit devenir plus intéressant que celui d'importer.» Benmeradi a également indiqué dans son intervention que le temps est venu de réduire notre facture d'importation et de chercher d'au-tres pistes de recettes extérieures. «Les investissements directs étrangers (IDE) peuvent aider le pays à réduire ses importations et aussi l'aider à développer nos exportations hors hydrocarbures», a-t-il enfin suggéré. Le modérateur du panel et expert en économie, Youcef Benabdallah, a pour sa part tenu à rappeler à l'assistance que le taux élevé de dépendance du pays vis-à-vis des recettes des hydrocarbures est des plus inquiétants. Selon ce dernier, «alors que dans beaucoup de pays dépendant aussi des exportations de pétrole, le taux ne dépasse pas les 20%, chez nous par contre il est de l'ordre de 60%. Il est trop élevé! Et du coup il devient urgent de revoir à la baisse ce taux». Pour ce faire, des solutions existent: «Diversifier la gamme de production nationale et améliorer sa qualité ainsi que d'améliorer l'urgence de notre commerce extérieur avec comme cheval de bataille la lutte contre le phénomène de la surfacturation. Et d'étayer sa théorie «il faudra balayer les problèmes existant sur l'ensemble des chaînes de valeur». Concernant l'objectif de booster les exportations hors hydrocarbures, l'expert préconise la solution que la stratégie, la plus efficiente à adopter «sera de concevoir une vision claire de l'exportation». Autrement dit, «installer un véritable Observatoire du commerce extérieur», a suggéré enfin l'expert. Notons que lors des débats, les intervenants se sont dit prêts à redoubler d'efforts afin que toutes les parties prenantes jouent le jeu. L'un deux, versé dans l'exportation de papier de haute qualité dira au ministre que ses clients européens sont de plus en plus friands de sa production comme ils sont de plus en plus exigeants dans le respect des délais de livraison «et c'est à ce niveau que nous sommes impuissants, faute d'une logistique de transport qui ne suit pas et de préciser dans la foulée que nos expéditions accusent chaque fois du retard, faute de lourdeur administrative. Une entrave qu'il faudra vite lever afin de pouvoir fidéliser notre clientèle», a lancé cet exportateur. Un autre fera savoir au ministre que l'acte d'exporter doit devenir banal «si l'on veut réellement devenir compétitifs à l'export car nos produits ont leur place à l'externe». Un autre a révélé à l'assistance que des fournisseurs étrangers que se disaient pas du tout intéressés de venir investir chez nous lui ont fait part, depuis qu'ils ont appris que leurs produits sont inscrits dans la liste des produits interdits d'importation par l'Algérie, qu'ils allaient étudier l'éventualité de produire ici en Algérie. C'est pour dire que la décision des pouvoirs publics d'interdire l'importation de plus de 1 000 articles est une bonne chose pour le pays au cas où des fournisseurs traditionnels venaient à décider d'investir en Algérie.
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