Qui se souvient de la pièce de 20 centimes de la monnaie nationale ' Ils ne doivent pas être nombreux, les Algériens qui peuvent mettre, une couleur, un diamètre, une inscription et surtout une... valeur sur la rondelle. La chose a disparu sans qu'on sache comment mais on savait quand un peu, beaucoup et peut-être trop pourquoi. C'est que la pièce de 20 centimes n'est pas seule à mourir de sa belle mort. Avant elle, avaient péri celle de 5, puis celle de 20 centimes. Et après elles, clamsera celle de 50 centimes et maintenant la pièce d'1 dinar qui finit d'agoniser. La pièce d'1 dinar qui n'existe quasiment plus dans les échanges commerciaux des Algériens après être devenue désespérément inutile de ne pouvoir plus rien acheter. Vous vous rendez-compte de ce que ça représente, d'un point de vue symbolique et factuel ' C'est l'unité officielle de la monnaie nationale qui devient une virtualité, une... vue de l'esprit. Le « dinar », dans sa représentation physique et l'expression de sa valeur qui n'existe plus. Comme les autres pièces jaunes ou blanches qui ne sont plus que de vieux souvenirs pour grabataires prostatiques, l'écrasante majorité des Algériens ne savent plus ce que c'est. La pièce de 2 dinars est maintenant invisible dans le circuit, celle de 5 DA se fait de plus en plus rare et rien n'indique que toutes les autres ne suivront pas, à moins de miracle. Les raisons de cette désintégration ' Elles sont aussi simples que compliquées. De toute façon, ce n'est pas le sujet d'aujourd'hui. Voilà pourquoi on a évoqué la pièce de 20 centimes et celle d'un dinar : le ticket repas en restaurant universitaire coûte toujours... 1,20 DA ! Oui, ce n'est pas un délire ! Depuis l'indépendance quasiment, le prix d'un repas en campus est à ce coût-là. Ne parlons même pas du petit déj à... 50 centimes ! Vous n'avez pas besoin d'aller chercher très loin pour trouver des témoins, ceux qui se souviennent, ceux qui sont capables d'évoquer la chose avec quelque détail plus ou moins croustillant. Tous ceux qui ont été à la fac ont bouffé à 1,20 dinar et ça continue. Le septuagénaire retraité depuis dix ans et l'acnéique qui vient d'avoir son bac ont connu le même tiquet resto U. Vous imaginez un vieillard pensant raconter une... vieillerie à son petit-fils en lui disant le prix de son déjeuner d'étudiant ' Vous imaginez les yeux du petit et ceux de son papi en découvrant tous les deux que ça n'a pas changé depuis ' Oui. Un repas à ce prix est l'illustration du retard abyssal, de l'anachronisme sans nom qui sévit dans l'université algérienne et ses « ?uvres universitaires », sans doute sa partie la plus hideuse. Une étudiante de 24 ans vient de mourir dans sa chambre de la résidence universitaire d'Ouled Fayet à Alger. Une résistance pour se chauffer et préparer des repas de survie, un court-circuit et une jeune fille qui perd la vie au moment de la commencer. Glaçant.S. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Slimane Laouari
Source : www.lesoirdalgerie.com