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Une époque révolue



Une époque révolue
Disparition - Créer des liens d'amitié entre habitants de différentes régions du pays n'intéresse plus qu'une infime partie d'Algériens.
Il n'y a pas si longtemps, les Algériens accordaient une grande importance à faire des connaissances avec des concitoyens habitant dans d'autres régions du pays et échangeaient des visites. Certains publiaient des annonces dans des journaux faisant état de leur désir d'avoir des amis, d'autres répondaient, le contact s'établissait généralement par le biais de la correspondance. Après l'échange de quelques lettres, les intéressés se rencontraient et l'échange de visites commençait, créant des liens qui, en général, perduraient dans le temps. «Dans les années 1990, les journaux qui publiaient ce genre d'annonces se vendaient comme des petits pains. Des citoyens, tous âge et sexe confondus, s'intéressaient à faire connaissance avec d'autres», affirme un buraliste à Tizi Ouzou. L'insécurité qui régnait à l'époque n'avait pas eu raison de la volonté des citoyens à se déplacer dans différentes régions. Ceux qui ont vécu cette expérience, en gardent de beaux souvenirs. Omar, la cinquantaine, originaire de Berrouaghia ( Médéa) en sait quelque chose. «C'était la belle époque. J'avais des amis à l'est, l'ouest et au sud du pays. J'ai pratiquement fait le tour du pays grâce à des amis habitant dans différentes localités. C'était très simple, je rendais visite à des gens que j'avais connus par le biais d'annonces et je les recevais chez moi avec un énorme plaisir. La chaleur avec laquelle j'étais accueilli est inoubliable», se rappelle ce cadre dans une banque étrangère à Alger. «Parfois, des amis me payaient même les frais du transport pour retourner à Berrouaghia. On s'échangeait des articles d'artisanat en guise de cadeaux. Je garde aussi toutes les photos et aujourd'hui, avec la disponibilité du téléphone, le contact est devenu plus facile avec mes amis», se réjouit-il. «A l'époque, c'était une fierté de connaître les différentes régions du pays. Et comme nous ne pouvions pas assumer financièrement les frais d'hôtellerie et de restauration, le seul moyen était de nous faire des amis et d'échanger des visites», affirme Rachid, la quarantaine, actuellement enseignant à l'université Ferhat-Abbas de Sétif. Aujourd'hui, regrette-t-il, «cette culture de connaissances et de voyage à l'intérieur du pays est malheureusement inexistante. Les gens ne se rendent pas compte de la beauté de leur pays. Même pour les vacances, ils préfèrent aller dans des pays voisins auxquels l'Algérie n'a rien à envier pour ce qui est des potentialités touristiques, bien au contraire», déplore notre interlocuteur. Pourtant, de nos jours les moyens de communication sont très développés avec Internet et le téléphone mobile. Ce qui aurait dû renforcer davantage cette culture du contact et d'établissement de liens. Toutefois, les gens sont plutôt branchés vers l'étranger. Et les Algériens continuent de méconnaître les atouts de leur pays. Se déplacer volontairement dans le pays pour la découverte et la détente constitue leur dernier souci.
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