Cela pourrait être un épilogue à un processus électoral mené au pas de charge par un régime resté sourd aux clameurs d'un peuple mobilisé en masse depuis février et réclamant un changement radical : l'élection présidentielle fixée pour aujourd'hui aura lieu, pour la première fois depuis de longues années, sans observateurs étrangers. Aucun organisme étranger, ni institution internationale n'a dépêché d'observateurs pour cette élection de toutes les incertitudes.D'ordinaire, les autorités s'empressaient plusieurs mois à l'avance à annoncer la présence de ceux qu'elles présentent comme un gage supplémentaire de transparence et de régularité du scrutin. Mais cette fois, aucune communication sur la question. Ni l'Autorité nationale indépendante des élections (Anie) à laquelle ont été confiées l'organisation et la surveillance du scrutin, ni le ministère des Affaires étrangères n'ont fait état d'une présence ou d'une invitation d'observateurs étrangers.
À peine si la question a été évoquée du bout des lèvres par le vice-président de l'Anie, fin septembre. "Ceux qui veulent suivre cette élection sont les bienvenus", avait répondu Abdelhafidh Milat à un journaliste lors d'un Forum du quotidien El Moudjahid. Même les traditionnelles organisations intergouvernementales qui dépêchent des observateurs, à l'image de la Ligue arabe, de l'Organisation de la conférence islamique ou encore de l'organisation continentale, l'UA, brillent par leur absence.
Quant à l'ONU et l'UE, qui se contentaient jusque-là d'une présence symbolique, comme ce fut le cas lors des législatives de 2017, il était attendu, au regard du contexte politique et de la manière dont le processus électoral a été préparé, qu'elles n'envoient pas d'observateurs. S'agit-il d'un désaveu, a priori, du scrutin '
Quelles que soient les motivations sous-tendant cette défection, encore faut-il qu'elles aient reçu des invitations d'Alger, leur absence peut se décliner comme un refus de cautionner un processus biaisé, ne remplissant pas les conditions de la tenue d'un scrutin libre et transparent.
Hormis la mise en place de l'Anie, dans des conditions contestées, fruit d'un simulacre de dialogue, les conditions et le climat politiques ne s'y prêtent guère. Conduit à l'ombre de manifestations massives rejetant le rendez-vous, le processus a été marqué par un verrouillage sans précédent des médias, l'exclusion de toutes les voix hostiles dont celle de l'opposition et de multiples atteintes aux libertés individuelles et collectives.
Cela sans compter les nombreuses arrestations, le maintien d'un arsenal juridique scélérat, la propagande officielle relayée par les médias asservis, la campagne chaotique des candidats et l'absence de mesures d'apaisement. Signe d'une élection singulière, même les journalistes étrangers autorisés à couvrir l'événement font face à des restrictions quant à leurs déplacements hors d'Alger.
K. K.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim KEBIR
Source : www.liberte-algerie.com