
Des partenariats avec des mastodontes internationaux ont été conclus. On cite entre autres, les projets de montage automobileL'espoir est permis du fait du pragmatisme de l'homme qui a toujours soutenu l'investissement productif qu'il soit public ou privé...Hier matin, Ahmed Ouyahia a pris ses nouvelles fonctions de Premier ministre. Il débarque au Palais du gouvernement avec un beau costume gris et très classe. Un smoking italien, d'une grande marque de luxe, diront plus-tard sur les réseaux sociaux les fanas de la mode. Et contrairement à ce que pensent ces spécialistes du «look», ce fameux costume est un «made in Bladi». Selon des proches du nouveau chef de l'Exécutif: Ouyahia ne s'habille qu'en «made in Algeria». D'ailleurs, un responsable d'un groupe public d'habillement nous confie fièrement que «c'est l'entreprise dans laquelle il bosse qui habille Ahmed Ouyahia depuis des décennies». Le nouveau patron du gouvernement semble donc se faire un point d'honneur de s'habiller en local. Ce signe de confiance est-il une bonne nouvelle pour la production nationale qui peine toujours à décoller' En effet, depuis 2014 et la chute drastique des prix du pétrole, les autorités s'étaient «aperçues» de la nécessité de produire et consommer local si le pays ne veut pas aller vers la banqueroute. Le gouvernement avait dès lors décidé d'enclencher une opération commando pour relancer le tissu industriel du pays. Cette mission délicate avait été confiée à Abdessalem Bouchouareb, un proche du nouveau chef de l'Exécutif. Des secteurs bien ciblés, où l'Algérie avait une chance de s'imposer ont été dégagés. Des partenariats avec des mastodontes internationaux ont été conclus. On cite entre autres, les projets de montage automobile, des projets dans l'agroalimentaire, le textile...En parallèle, une campagne pour sensibiliser sur l'importance du «consommons algérien» avait vu le jour en collaboration avec le patronat et les partenaires sociaux. Le président de la République a même mis son grain de sel pour «booster» le «made in Bladi» en relançant le fameux crédit à la consommation, mais uniquement pour la production locale. Un moyen efficace pour aider les foyers à boucler leurs fins de mois mais également permettre de favoriser le produit algérien par rapport à son concurrent étranger. Les bases ont donc été mises en place, mais malgré cela le «made in Bladi» n'est pas arrivé à décoller. La venue de Tebboune à la tête de l'Exécutif n'était pas là pour changer les choses. Bien au contraire, sa guerre contre les hommes d'affaires et sa remise en cause de tout ce qui a été fait a sonné comme un véritable coup de grâce! Ahmed Ouyahia pourra-t-il sauver les meubles' «Il faut soutenir l'investissement national public ou privé, et le renforcer par le partenariat étranger productif en Algérie, pour substituer la production locale aux importations et pour diversifier l'économie nationale. Il faut également des mesures courageuses accompagnées d'une sensibilisation de la population», ne cessait-il de répéter aux gouvernements qui se sont succédé après lui en 2012, au point d'être plus virulent que l'opposition sur les points de vue économiques.L'espoir est donc permis du fait du pragmatisme de cet homme qui n'a pas peur de dire les choses comme elles sont. Le populisme n'est pas pour lui, au diable la popularité quand il s'agit de l'intérêt du pays! Il ne faut pas oublier qu'il s'était positionné contre l'augmentation massive des salaires des fonctionnaires: «Les salaires augmentent avec l'augmentation de la production», disait-il déjà à l'époque de l'opulence. C'est aussi lui qui a eu le courage d'arrêter l'ancienne formule du crédit «conso» qui était en train d'endetter les foyers algériens en enrichissait les entreprises internationales. Dans le même sillage, il avait bloqué en 2009 l'importation des «stocks américains», la friperie, qui avait envahi le pays au détriment de la production nationale. Ouyahia a toujours été clair dans sa stratégie économique. Plus récemment, dans un meeting qu'il avait animé en tant que secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), il avait appelé à l'entame de véritables réformes économiques qui dispenseraient le pays de retomber dans les bras du FMI. Entre autres réformes défendues par le secrétaire général du RND, figure le retour à la politique de privatisation des entreprises publiques, mais pas comme celle des années 90. «Il vaut mieux vendre une entreprise à des nationaux, tant qu'elle est encore debout», dira-t-il pour casser un vieux tabou qui est la sauvegarde de ces entreprises budgétivores gérées comme des administrations et qui n'apportent rien à l'économie nationale. Assisterons-nous donc enfin à une véritable révolution industrielle' Wait and see...
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Walid AIT SAID
Source : www.lexpressiondz.com