
L'accord d'Alger, adopté par l'Opep lors de sa dernière réunion à Vienne, est, selon des experts nationaux en énergie, une « belle victoire diplomatique » pour l'Algérie. L'expert Abderrahmane Mebtoul estime que c'est une belle man?uvre diplomatique, au sein de cette organisation, pour un pays dont la production ne représente qu'un million de barils/jour sur les 44 millions produits par l'Opep. L'expert, Tewfik Hasni, quant à lui, assure que l'accord d'Alger a permis à l'Organisation de redevenir un acteur actif sur le marché pétrolier. « Maintenant il reste à savoir si cet accord sera respecté par l'ensemble des acteurs. Seul l'avenir nous le dira », indique Mebtoul, en exprimant des appréhensions par rapport à la Russie. Il signalera à ce propos que la Russie pourrait ne pas respecter ses engagements. De même que l'Iran et l'Arabie saoudite. D'après l'expert Tewfik Hasni, l'Irak pourrait également faire machine arrière. « La baisse de la production de l'Irak et l'Iran entraînera des contraintes, financières notamment, que ces deux pays pourraient ne pas surmonter. La Russie, par contre, pourrait jouer le jeu à condition que les prix du pétrole se stabilise autour de 50 dollars/baril », explique Hasni qui se montre tout aussi sceptique que Mebtoul par rapport à la Russie. Les deux experts soulignent qu'il faudra attendre un peu pour mesurer toute la dimension de cet accord sur le terrain. Pour ce qui est des prix du pétrole, qui ont remonté à50 dollars depuis mercredi dernier, Hasni indique qu'il ne faudra pas espérer plus. « Atteindre les 50 dollars est déjà une victoire en soi. Mais il ne faut pas s'attendre à ce que les prix remontent au-delà », assure-t-il, signalant que les prix du pétrole dépendent essentiellement des volontés politiques. Mebtoul, en revanche, pense que les prix pourraient remonter jusqu'à 60 dollars/baril. « Cela dépendra de la croissance économique mondiale. Si elle reste modérée et s'il y a entente entre les membres de l'Opep et les membres hors de cette organisation, les prix du pétrole tourneront autour de 50-60 dollars. S'il n'y a pas d'entente, les prix se stabiliseront entre 50 et 55 dollars pendant la période 2017-2020 », fait-il savoir en assurant que l'Algérie s'est montrée raisonnable en établissant sa loi de finances 2017 sur la base de 50 dollars le baril. Concernant l'Algérie, les deux experts s'accordent à dire que la baisse de sa production de 50 000 barils/jour n'impactera pas ses parts de marché tant que les cours de pétrole restent stables. « Mais si les cours s'effondrent pour une raison ou pour une autre, il est clair que cette baisse affectera le pays. Dans ce cas-là, l'accord d'Alger en lui-même sera caduc », précise Mebtoul. Il fera savoir, par ailleurs, que l'impact de cet accord au-delà de 2020 est incertain. « Tous les experts dans le monde s'accordent à dire qu'au-delà de 2020, des bouleversements secoueront le marché de l'énergie car le contexte géostatique sera marqué pas de profonds changements », conclut-il.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Farida Belkhiri
Source : www.horizons-dz.com