Pas moins de 7 898 plants ont été décimés par les incendies de l'été dernier. Mais l'heure est à l'optimisme à Draâ El-Mizan, où la cueillette pourrait se prolonger jusqu'en février prochain.Lancée à la mi-novembre, la campagne de cueillette des olives dans la région de Draâ El-Mizan, au sud-ouest de Tizi Ouzou, bat déjà son plein et, selon de nombreux habitants, la récolte s'annonce prometteuse. Le décor est déjà planté : gaules et bâches sorties des hangars pour s'attaquer d'arrache-pied à cette cueillette des olives tant attendue, parce que les agriculteurs souhaitent que le rendement soit meilleur que celui de l'an dernier. Sous les oliviers, on voit des dos courbés d'hommes, de femmes et d'enfants en train de ramasser ce fruit, alors que le gaulage se fait à la main de peur d'abîmer les branches encore jeunes.
"En raison des conditions météorologiques peu favorables, la campagne a été quelque peu retardée et pourrait, par conséquent, s'étaler jusqu'au début février. La récolte s'annonce, toutefois, meilleure que celle de la saison précédente, tant les oliviers ploient sous le poids du fruit, au point de craindre que si la neige tombe comme en 2012, nos arbres finiront par céder", explique un oléiculteur du village Ath Ali, sur les hauteurs du chef-lieu de la commune de Frikat, qui n'a pas encore récupéré toute sa superficie oléicole décimée en 2005 puis encore en 2012, et ce, même s'il avait bénéficié de la replantation de ses oliviers ravagés. Selon les chiffres fournis par Saliha Belfadel, la subdivisionnaire des services agricoles de Draâ El-Mizan, la superficie oléicole dans les trois communes de cette daïra est de 2442 ha, dont 57 ha ont été déjà récoltés depuis le lancement de cette campagne. "Le rendement à l'hectare prévisionnel est de 22 q/ha, avec un rendement moyen de 18 l/q. Pour le moment, 710 q ont été triturés.
Le rendement diffère d'une commune à une autre. Mais, toujours est-il, nous attendons une très bonne récolte", a-t-elle expliqué. Actuellement, six huileries sont en pleine activité en attendant le démarrage des autres machines, d'autant plus que la localité compte plus de dix huileries modernes, sans compter les machines traditionnelles. Mme Belfadel a, en outre, confié que 7898 plants ont été décimés par les incendies de l'été dernier. "Le recensement a été clos. Actuellement, la phase est à la signature des engagements entre les bénéficiaires et les services des forêts.
Il est à noter que c'est l'ERGR Djurdjura (Entreprise régionale de génie rural) qui sera chargée du renouvellement des plants ravagés", a-t-elle conclu. Dans un même registre, il y a lieu de noter que cette nouvelle récolte arrive au moment où l'huile d'olive commence à manquer à la vente dans la région en raison de l'épuisement des stocks constitués l'an dernier. D'ailleurs, ce produit a été cédé dans certains villages à 900 DA le litre eu égard à sa rareté. Les consommateurs craignent la flambée de ce produit dit "aux mille remèdes" à cause de la perte de milliers d'oliviers, anéantis par les feux de forêt durant le mois d'août dans plus d'une vingtaine de communes de la wilaya. "S'il est vrai que l'huile d'olive était vendue entre 700 DA et 800 DA ces dernières années, nous craignons qu'elle atteigne les 1000 DA le litre ou peut-être plus, parce que la demande sera supérieure à l'offre à cause de toutes les oliveraies décimées dans les villages de haute Kabylie durant la catastrophe de l'été et plus particulièrement les incendies du 8 au 10 août, lorsque des milliers d'oliviers sont partis en fumée", a déploré un consommateur, qui vient chaque année d'Alger pour s'approvisionner en huile d'olive dans une huilerie traditionnelle à Aït Yahia Moussa.
O. Ghilès
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ghilès O
Source : www.liberte-algerie.com