Alger - A la une

Une aubaine pour les cliniques privées



Réalité - Les lacunes caractérisant le secteur de la santé publique contraint des centaines de milliers de citoyens à recourir aux cliniques privées.
Et ce comportement n'est pas seulement l'apanage des familles aisées. Ces dernières années en effet, une grande partie des Algériens se soigne au niveau de ces cliniques privées en dépit des tarifs onéreux qui y sont appliqués. «La santé n'a pas de prix», dit un proverbe bien connu. Une tournée dans certaines de ces cliniques et laboratoires de radiologie à Alger permet de constater que des citoyens y viennent des quatre coins du pays en quête de soins. «J'avoue que nous avons demandé l'aide de plusieurs parents et amis proches pour amasser la somme exigée par cette clinique.
Des examens médicaux et radiologiques et une intervention chirurgicale au niveau du c'ur reviennent à plus de 20 millions de centimes», affirme Hamid, la quarantaine, rencontré dans une grande clinique privée à Dély Ibrahim. «Nous avons longtemps attendu sans avoir réussi à avoir un rendez-vous au niveau des grands hôpitaux publics. Et quand la santé de mon père a atteint un seuil critique, j'ai supplié toutes les personnes que je connaissais pour m'aider financièrement. J'ai même publié une annonce dans un journal», ajoute ce natif de Aïn L'bel, dans la wilaya de Djelfa. Il est vrai que les structures de santé publique n'arrivent plus à faire face à la demande de plus en plus importante, notamment en termes de soins spécialisés, mais ce qui complique davantage le calvaire des malades est cette attitude des employés d'accorder souvent la priorité à des personnes de leurs connaissances, laissant les autres patienter ou mourir ! Des scènes de violence sont même enregistrées quasi quotidiennement dans différents hôpitaux, des citoyens protestant contre des pratiques de favoritisme. «Il y a des scanners dans presque tous les hôpitaux d'Alger. Mais je suis contraint de venir dans ce centre privé, car j'en ai marre d'attendre. Je paye 32 000 dinars, mais je préfère cette solution que d'exposer la santé de ma mère à une éventuelle aggravation», se désole Mourad, rencontré dans un centre d'imagerie médicale au Télémly. «J'ai fait des économies pendant plus de quatre mois, j'ai vraiment serré la ceinture pour économiser cette somme. Le matériel existe, mais malheureusement les mauvais réflexes persistent et continuent de nous priver de nos droits les plus élémentaires», déplore notre interlocuteur. Ce qui agace encore plus les citoyens est le fait que des médecins exercent aussi bien dans des structures publiques que privées. Et ces derniers exigent des malades d'effectuer des analyses ou des examens au niveau de cliniques où ils collaborent. D'ailleurs, les cliniques privées poussent comme des champignons ces dernières années et le secteur de la santé est devenu un créneau très porteur. Si les personnes aisées optent pour ces structures par souci de bénéficier d'une prise en charge adéquate, les autres citoyens au pouvoir d'achat limité sont aussi contraints de «fuir» les hôpitaux publics et se débrouillent comme ils peuvent pour cela.
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