Une reconnaissance de l'Etat de Palestine par les Nations unies et la légitimation de son admission au sein de cette organisation serait un tournant politique et diplomatique pour le processus de paix au Proche-Orient, en perte de vitesse depuis plus d'une décennie d'échec sans cesse renouvelé d'une «réanimation» des fameux accords d'Oslo. Ce serait également un confortement juridique certain pour faire valoir les revendications territoriales et politiques ainsi que les droits à la souveraineté du peuple palestinien.Si elle venait à aboutir, l'adhésion internationale à la proposition de Mahmoud Abbas, laquelle sera remise demain vendredi au Secrétaire général de l'ONU, constituerait, de toute évidence, une étape supplémentaire, non moins considérable, dans le processus de reconnaissance enclenché en 1988 à travers la déclaration d'Alger, par laquelle le défunt Yasser Arafat avait proclamé l'Etat palestinien. Un geste à forte symbolique pour un peuple victime d'un déni de son droit légitime à sa terre. Une tentative également de faire sortir le conflit de l'impasse dans laquelle il a été mis, a fortiori avec la prédominance d'autres crises nées du «Printemps arabe».Plus concrètement, l'aboutissement de l'initiative palestinienne - aussi unilatérale soit-elle - signifierait une internationalisation du conflit palestinien sur le plan juridique et pas seulement politique, comme l'écrivait déjà en mai dernier le président Mahmoud Abbas, dans une tribune publiée dans le New York Times, à la veille d'une rencontre entre Obama et Netanyahu. L'éventualité d'un siège au sein de l'instance onusienne pour l'Etat de Palestine pourrait ainsi être un argument juridique pour réclamer la cessation ou l'arrêt de l'implantation des colonies sur les terres arabes. Cela, notons-le, pourrait se faire en recourant à la saisine de la Cour pénale internationale (CPI) à laquelle il pourrait adhérer : la Palestine devenue désormais un Etat à part entière, toute poursuite de ce processus d'implantation serait légalement et juridiquement perçue comme une violation et une agression caractérisée de ce territoire. Ces Colonies devenant de plus en plus l'une des entraves au processus de paix au Proche-Orient.«Le choix n'est pas entre l'unité palestinienne ou la paix avec Israël. Il est entre une solution à deux Etats ou des colonies d'implantation», écrivait, lors de la même circonstance, le président palestinien.
M. C.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mekioussa Chekir
Source : www.latribune-online.com