La Constitution est un élément clé pour assurer la souveraineté nationale. Mais il faudrait définir l'origine de l'élaboration de la mouture, en d'autres termes, il ne faudrait pas qu'elle émane de l'exécutif. Le document doit constituer un contrepouvoir, non pas pour contrecarrer le pouvoir mais pour assurer un équilibre à même de prémunir le pays de toute forme de dérives. C'est ainsi que grâce à la légitimité populaire, les espaces d'expression seront ouverts demain, et la population ne s'exprimera plus dans la rue.Abdelhalim Benyellès - Alger (Le Soir) - C'est ce qu'estime Abdelaziz Ziari, ancien président de l'Assemblée populaire nationale, qui s'est exprimé hier sur les ondes de la Chaîne 3, à propos de la révision constitutionnelle. C'est par l'instauration d'«un véritable équilibre entre les différents pouvoirs» qu'il a entamé le sujet, appelant à « renforcer les missions et les prérogatives du Parlement», comme étant un élément clé dans l'expression populaire, rappelant que le document en cours d'étude et d'enrichissement tend à « éviter demain la fermeture des grands espaces d'expression».
Toutefois, il n'a pas manqué d'avertir sur la manière d'élaboration de la Constitution, estimant qu'elle ne doit pas émaner de l'exécutif mais doit être l'émanation d'une participation plurielle.
La mouture du professeur Laraba soumise à débat et à enrichissement va à contre-courant de la Constitution actuelle qui est «totalement» déséquilibrée et qui «ne permet pas d'aborder une nouvelle phase de notre histoire», soutient Ziari.
La nouvelle Constitution doit être fondée sur la souveraineté populaire «pleine et entière», selon sa lecture. Et d'expliquer que le Hirak, qui est un mouvement populaire, a exprimé son rejet de la gestion de ces dernières années, ainsi qu'un appel à un équilibre entre les pouvoirs. L'application de la Constitution est déterminante parce qu'elle garantit la transparence des élections à tous les niveaux, pour peu que la mouture «émane de la réflexion de «tous».
Ziari s'oppose, par ailleurs, à la création du poste de vice-président de la République, arguant que ceci «ne ferait qu'alourdir l'exécutif». Explicitement, il dira que dans le cas où le Président n'est plus en mesure d'assurer ses fonctions, « on doit recourir à des élections anticipées pour un nouveau Président». Il plaide également pour le système semi-présidentiel qui tend à limiter les pouvoirs du Président grâce à la désignation d'un chef de gouvernement issu de la majorité parlementaire, ce qui tend à « responsabiliser le gouvernement, à alléger les charges du Président, mais en maintenant toutefois son droit de légiférer», tient-il à préciser.
Abordant le rôle de l'Assemblée nationale, Abdelaziz Ziari précise qu'elle dépend de la qualité des élus et des partis politiques qu'ils représentent, et que ceux-ci ne doivent plus être des «comités de soutien» et les députés une simple «chambre d'enregistrement». Et de relever, dans le même sillage, que «le tiers présidentiel n'est d'aucune utilité à la vie parlementaire», précise-t-il fermement, justifiant ceci par l'«empiètement de l'exécutif sur le législatif».
A.'b.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelhalim Benyellès
Source : www.lesoirdalgerie.com