
Les grévistes d'Algérie Poste s'organisent pour la création d'un nouveau syndicat. Celui-ci, autonome, selon leurs dires, contrairement à celui qui «soi-disant» les représentent actuellement et qui est affilié à l'Ugta. «Nous n'avons pas de syndicat. Jamais. C'est plutôt un groupe de personnes qui servent leurs intérêts et ceux du DG' Nous ne voulons pas de ce syndicat», lancent des postiers en grève, abordés, hier, lors de leur rassemblement à la Grande Poste d'Alger. Et l'un d'eux, venu d'une wilaya de l'intérieur du pays, d'exhiber un formulaire à remplir: «C'est pour notre adhésion au Snapap. Nous en avons tous un». La décision d'adhésion au Snapap remonte à plusieurs mois, voire plusieurs années. «On était bien avant la division» affirme un autre, allusion faite à la scission avec Algérie Telecom. «A Algérie Telecom, les employés sont considérés, bien payés et mieux pris en charge. A Algérie Poste, c'est la précarité totale. Surtout après l'arrivé du nouveau DG. Ce dernier n'a rien apporté à l'entreprise, encore moins aux employés. Le volet social est au point mort. Les conditions de travail sont de plus en plus difficiles. Nous n'avons même pas de chaises» se plaignent les manifestants, près d'une centaine, dont le nombre est appelé à augmenter dans les prochains jours.
«Hier, 13 wilayas étaient ici. D'autres ont promis de nous rejoindre si le conflit persiste» poursuivent-ils. Parlant du conflit, des responsables de la direction d'Algérie Poste indiquent que le Conseil d'administration a prévu de se réunir, hier, pour statuer sur les doléances exprimées, particulièrement le point concernant la prime d'intéressement. Celle-ci, de l'ordre de 30 000 dinars, est perçue
par leurs confrères d'Algérie Telecom mais pas par eux.
L'un des grévistes souligne que cette prime était, également, attribuée au personnel d'Algérie Poste, durant des années, mais elle a été retirée en 2011 et 2012, sous prétexte que l'entreprise est déficitaire.
Aussi, «de toute façon, même quand ils la programme, ils ne nous donnent que 21 500 dinars du montant promis».
Et un groupe de manifestants de lancer : «Cette prime ne nous intéresse plus. Nous ne voulons pas de miettes. Ce que nous voulons, c'est l'application totale du contenu de la convention collective de 2003. Le mois d'avril dernier, le ministre s'est engagé à cela mais nous ne voyons rien venir. Même l'engagement portant sur les promotions a été remis en cause par l'actuel DG».
L'un d'eux fait remarquer que les guichetiers à la Recette principale sont plus nombreux que durant les premiers jours de la grève : «Dès qu'ils ont appris que des journalistes sont venus pour filmer ou prendre des photos, ils ont appelé les chefs de bureaux et les syndicalistes de l'Ugta pour fait croire à une reprise du travail. Ils ont même obligé certains agents à assurer le travail. La police, aussi, est plus nombreuse pour nous empêcher de fermer les portes».
A noter que les décisions devant sanctionner la réunion du conseil d'administration ne seront pas connues avant demain. En attendant, la grève se poursuit au grand dam de nombreux clients d'Algérie Poste qui se voient sérieusement perturbés par ce mouvement de grève à répétition.
K. M.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karima Mokrani
Source : www.latribune-online.com