Des efforts et de maigres résultats. C'est en résumé le bilan de la place boursière d'Alger depuis sa création en 1997.
Avec seulement trois titres, la Bourse d'Alger, même si elle peine à décoller, a permis aux entreprises qui ont osé s'introduire sur un marché encore à l'état embryonnaire de se faire une image sur la scène économique nationale. Le patron d'Alliance Assurance (AA) dont l'appel public à l'épargne a permis de ressusciter la Bourse en 2011, estime que l'expérience est réussie. «Le bilan de notre introduction en Bourse, ne peut être que positif pour notre image et celle de l'économie nationale», relève à ce sujet Hassan Khelifati, PDG d'AA dont l'entreprise a enregistré un taux de souscription de plus de 142 %.
«Notre opération est venue après le traumatisme Khalifa et la perte de confiance dans le secteur national privé», a-t-il encore précisé avant d'ajouter que sur le plan de la souscription et le marché primaire, il y avait une réussite totale. Cependant, sur le marché secondaire, ça n'a pas été le cas. Car, explique-t-il, «les mécanismes du marché ne sont pas très fluides et nos investisseurs trouvent beaucoup de difficultés, soit à l'achat ou à la vente. Aussi, les procédures ne sont pas très souples et les institutionnels n'interviennent pas sur le marché des actions afin d'assurer une certaine activité et créer la dynamique». Globalement, Hassan Khelifati juge son expérience positive.
«C'était un challenge à relever dans un contexte très difficile où rien n'était évident. Nous avions l'ambition de participer modestement à la relance du marché financier algérien à notre échelle. Nous l'avons réussi et nous sommes fiers d'avoir contribué et mis notre pierre à l'édifice de la modernisation de l'économie nationale», souligne-t-il avant de rappeler que «pour augmenter le capital minimum de notre compagnie conformément à la loi, nous avons été sollicités par deux Fonds d'investissement international qui ont fait des offres très avantageuses pour les actionnaires historiques, le rachat de 34% des actions pour l'équivalent de 2,5 milliards de dinars, soit 25 millions d'euros après avoir étudié et fait les premières évaluations de l'entreprise, sans complaisance et au moindre coût. Nous avons présenté ce dossier devant le Conseil national de l'investissement (CNI) qui avait donné son autorisation et délivré l'agrément. Nous avons refusé d'utiliser cet agrément et choisi le plus difficile, le plus risqué et le plus coûteux et le moins avantageux financièrement et nous sommes allés solliciter une levée de fonds à travers le mécanisme de la Bourse pour un montant de 1,4 milliard DA pour 30% de notre capital et avec un coût de l'opération de presque 15% du montant levé».
Le patron d'AA se félicite par ailleurs de l'arrivée de NCA Rouiba et l'annonce d'autres privées sur la place boursière nationale. Pour sa part, le patron de NCA Rouiba, lui aussi, qualifie de réussite l'opération d'introduction en Bourse de l'entreprise qu'il dirige. Il porte sommairement un jugement positif sur les structures de la Bourse mais, estime-t-il, les intermédiaires en opérations de Bourse ne sont pas assez actifs, selon lui, faute d'une animation suffisante du marché qui ne compte pas suffisamment de titres cotés. Et pour cause, certains aspects institutionnels et juridiques continuent à freiner le développement du marché financier.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samira Imadalou
Source : www.elwatan.com