Alger - A la une

Un recueil puisé des andaloussiate d'Alger



Kenza Hamouni, l'étoile montante du genre musical andalou, a revisité pour ses fans la nouba Sika aux éditions Ostowana (2020) en devoir de gratitude à l'égard de ses professeurs qui l'ont coaché sur l'itinéraire de ce genre musical "mauro-andalous", a-t-on su de la diva. L'opus d'obédience "çanâa d'Alger" insuffle au culte musical andalou l'air de la "Tefricha Sika" issu de l'immémorial legs du passé des anciens maîtres de l'école algéroise.Sur ce point, Kenza Hamouni convie le mélomane à faire une halte dans "Msaddar Sika" et à deviner ainsi les traits de la belle "Wa manli bi-djismi" au hasard d'une errance sensitive. Là-dessus, l'insouciance béat qu'offre une "Tefricha Sika" s'allie à la magie du sensoriel qui inocule à son tour, le souffle de vie à l'exquis, fruit né de la fertilité d'un "Derdj Sika" sur le trône de "Soltane Erabîi".
À ce propos, l'onirisme convie le mélomane dans l'univers du rêve. Soit là, où apparaît l'exquise vision d'un médiator dansant tel une "Erricha" lorsqu'elle s'exerce au numéro du funambule sur les cordes de l'oûd (luth). Sur ce point, le répertoire choisi de la diva Kenza Hamouni exhorte l'esthète des belles notes à une flânerie dans la "Nouba" d'antan, qui est cette clef de sol qui offre l'accès sur la luxuriance du panorama musical algérien dans sa pluralité.
À cet égard, l'opus de Kenza Hamouni n'est que l'ébauche où se croisent dans l'ordre, la qasida immortalisée dans le séculaire "z'mam" (livre) de la narration poétique et dont l'esthétique musicale ne peut distraire que par le rêve : "Ma nouba est le schéma musical où s'allie d'harmonieuse alliance, l'authentique çanâa de nos maîtres d'hier et un fétu d'innovation de leurs élèves. D'où l'hommage que j'ai consacré à la regrettée Fadhila Dziria en 2018.
De ce fait, le présent opus ambitionne d'immortaliser le programme pédagogique auquel mes maîtres m'avaient initiée dans les années 1990 à l'association des Beaux-Arts d'Alger", a déclaré cette cantatrice avec laquelle il faut désormais compter. Pour ce qui est de l'instrumentation, l'orchestration d'un point d'oreille dynamique est partagée en pans de percussion avec la derbouka et le tar. Et pour s'évacuer l'esprit du "doum", du "tac" et du "kef" (gifle) du drabki, autant y prêter l'oreille au doux "Istikhbar Sika" dans sa mouture : "Laqad kountou ardjou", jouée au piano.
Autre virtuosité, celle des cordes de la mandoline lorsqu'elle pactise d'harmonieuses notes avec le violon dans l'interprétation de "Ya man dara man nâacheqo" en signe du "K'hlass Sika". Donc, autant apprécier l'opus de cette disciple éclot auparavant dans le creuset de l'association El Djazaïria-El Mossilia et qui renvoie, à l'aide des cordes de son luth, l'écho du savoir-faire de sa professeure Bachsaïs Farida et des maîtres d'Essendoussia d'Alger. Toutefois, Kenza Hamouni est aussi choriste et rythme également ses qasidate tantôt de "boqalate" et parfois de "tâalilate" lors du cérémonial du henné de la mariée.

Louhal Nourreddine
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)