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Un récit de voyage des plus passionnants



Ingénieure agronome et magister en écologie, Yamina miri-Ait Abdelmalek vient de publier «Six jours sur le plateau du Tassili N'Ajjer», aux Editions EL Ibriz. Il s'agit comme elle nous le raconte si bien , d'un carnet de voyage de ses aventures dans les différentes parties du plateau et, notamment à «Safar», située dans la région de Djanet, cette destination de plus en plus prisée ces derniers temps... «Cela fait dix ans que j'arpente le Tassili. Je n'avais jamais fait le plateau. C'est le circuit le plus dur. D'abord parce qu'il faut escalader la montagne, arrivée là- bas, on avait 20 à 25 kilométrés à faire à pieds par jour pour changer de bivouac. Regarder les peintures rupestres, changer ses affaires, bivouaquer sur le site et le lendemain rebelote. On a fait cela pendant six jours. C'était une expérience tellement forte, tellement riche que je n'ai pas cessé d'en parler autour de moi. Je suis revenue et je n'arrivais plus à redescendre dans ma tête de ce voyage. Ma tête était restée là- bas. Et je me suis dit, il va falloir que je partage ça» nous confie l'auteure. C'est ainsi qu'est née ce récit. «Ce n'est pas un récit d'exploratrice, ni de scientifique bien que je le suis, c'est plutôt un récit qui ouvre beaucoup de fenêtres je dirais.. C'est un récit de voyage, mais où il y a aussi de nombreux questionnements car je titille un peu la curiosité des lecteurs pour qu'ils aillent chercher et fouiller les thèmes qui les intéressent». Et de citer comme exemples: «J'ai abordé le volet de la botanique, notamment les espèces qu'on a rencontrées. C'était merveilleux en plus, car il avait plu, deux mois auparavant.J'ai eu cette grande chance de voir des fleurs sur le plateau du Tassili». Et d'ajouter: «J'ai aussi abordé le volet archéologique à travers ces peintures considérées comme les plus belles au monde. Il y a plus de 15000 peintures. J'étais au comble du bonheur de voir ces fresques absolument merveilleuses». Et notre interlocutrice de poursuivre: «J'ai abordé bien sûr l'aspect humain parce qu'on a vécu ensemble à plusieurs personnes entre amis et collègues. Cela fait plus de 15 ans que j'arpente le Tassili, ma deuxième famille est à Djanet. À chaque fois que je veux organiser un voyage, je me documente beaucoup et je lis sur la région. Dés qu'il y a un point qui m'interesse, je monte un groupe, on arrête les dates trois mois avant, j'appelle ma famille de Djanet et on y va.»Dans ce volet «humain», le livre «est truffé d'anecdotes» de quoi vous faire immerger complètement dans ce voyage inoubliable.Parmi les questionnements abordés dans ce livre est le fait que la femme aurait pu, elle aussi, peindre ces fresques du Tassili. «On parle que des hommes préhistoriques, mais peut-être que la femme préhistorique a peint aussi. Je fais appel à des gens qui sont des spécialistes en la matière. Je pose les thèses et je me réfère aux personnes qui ont travaillé sur ces thèses-là.».Evoquant les objectifs de ce récit, Yamina Miri-Ait Abdelmalek insistera sur le fait que son récit dénonce le fléau des ordures qui polluent aujourd'hui le désert. «Cela fait quinze ans que je vais au Tassili.Je constate que c'est de plus en plus sale. J'ai eu le temps de comparer. Il y a une chose aussi qui me rend très triste, ce sont les graffitis sur les peintures et le manque d'information auprés des populations locales pour qu'elles comprennent que le braconnage c'est vraiment une catastrophe. On continue, y compris les gens instruits, à braconner la gazelle et le mouflon à manchettes et à s'en énorgeuillir même.. C'est très triste», regrette notre auteure. Née le 24 février 1963 à Paris, Yamina-Miri- Ait Abdelmalek est diplômée de l'Institut national agronomique d'Alger, d'un ingéniorat en spécialité forestière, option protection de la nature et gestion des parcs nationaux, ainsi que d'un magistère portant sur les zones humides. Passionnée de nature et de culture, elle arpente le Tassili N'ajjer depuis plus d'une décennie en quête de découvertes et d'enrichissements au contact des populations locales. «Six jours sur le plateau du Tassili N'Ajjer» est un livre à lire absolument, tant il se veut un véritable voyage en nous-mêmes et une belle découverte de notre pays si beau et si vaste et surtout si riche en faune et en flore. Un pays et des paysages qui méritent qu'on en prenne soin et qu'on en profite, mais de façon intelligente par amour de notre patrimoine dont il faut absolument sauvegarder. Rencontrée au niveau des Editions El Ibriz, l'auteur est présente au niveau du Stand D 58 du Salon international du livre d'Alger qui se tient à la Safex jusqu'au premier avril.
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