
Qu'est-ce qui vous a incité à co-écrire ce livre consacré aux réseaux étrangers qui ont soutenu la guerre de Libération nationale 'Ce livre est né d'une découverte assez intéressante. Il y a une année, mon ami Benamara m'a informé du décès d'une personnalité connue, qu'il a rencontrée quatre ans auparavant à l'ambassade d'Algérie à Vienne, (Autriche) où celle-ci recevait une médaille de mérite. A cette époque-là, il ne savait pas pourquoi le gouvernement algérien lui a décerné cette distinction. Il a alors décidé d'aller au recueillement qui s'est déroulé au cimetière central de la capitale autrichienne. Il a fait très froid en ce mois de février pluvieux. Etaient présent à cette cérémonie la famille ainsi que les amis du disparu. Le cercueil, à la grande surprise de mon ami, était drapé de l'emblème algérien. Les orateurs, en particulier l'ancien ministre de l'Intérieur socialiste, qui expliquait la présence de ce drapeau, ont plus ou moins expliqué la présence du drapeau algérien. C'est ainsi qu'il a su que c'était le défunt lui-même, dans son dernier testament, qui a émis la volonté et demandé à ce que son cercueil soit couvert de notre drapeau et de la terre algérienne. Il a rencontré son fils, âgé de cinquante-deux ans, qui lui avoué que son père ne lui a rien dit de ses activités en faveur de notre indépendance. Cela lui a permis la découverte de ce que ce brave homme a fait pour le mouvement de libération algérien. La deuxième raison à l'origine de la rédaction de ce livre, c'est le fait qu'on se soit déjà intéressé à la guerre d'Algérie. L'histoire est toujours un dialogue entre le passé et le présent. Ce qui m'a également motivé à participer à l'écriture de ce livre, c'est qu'en tant qu'historien, je me suis posé la question de savoir pourquoi dans les années cinquante des personnes venues d'horizons différents ' des journalistes, des chrétiens, des athées et catholiques - se sont solidarisées pour venir en aide aux combattants d'un autre pays. Ce qui n'est plus le cas aujourd'hui en raison de l'égoïsme ambiant. On ne sait pas ce qui nous empêche à présent de nous mettre ensemble pour défendre les causes justes.
Est-ce que vous avez un autre projet en rapport avec la guerre de Libération nationale '
On vous a déjà parlé du mouvement de solidarité en faveur des mouvements des indépendances pendant les années cinquante et soixante. Aujourd'hui, malgré l'individualisme, il existe une solidarité à l'échelle individuelle, qui nous aide à la réalisation de certains projets. La preuve en est la publication de ce livre qui démontre l'existence d'une coopération entre quelqu'un du Nord et quelqu'un du Sud. En ce qui concerne nos projets d'avenir, on a en tête une biographie de Mustapha Muller, un brave homme d'origine allemande, mais qui a vécu en Autriche, auquel un livre a déjà été consacré. En collaboration avec d'autres compatriotes, il a monté une opération d'aide au bénéfice des légionnaires à déserter les casernes françaises à Sidi Bel Abbes. Mustapha Muller a réussi à faire déserter quelque trois mille quatre cents légionnaires français d'origine étrangère. C'était un effort énorme. Un film a été réalisé sur ce grand homme. On espère qu'il sera distribué sous forme de CD afin de permettre à la jeune génération de connaître ces étrangers qui n'ont pas hésité un instant pour prêter main forte aux militants nationaux qui se sont soulevés contre le colonialisme.
Quel accueil votre livre a-t-il eu dans notre pays '
« Solidarité en action » a été bien accueilli par le public. On l'a présenté dernièrement à l'institut de littérature allemande de l'université de Bouzaréah et en marge du Salon international du livre d'Alger. On est très content de la réaction positive des étudiants qui nous ont avoué méconnaître certains faits historiques. Au salon du livre, la salle était archicomble. L'assistance a manifesté son intérêt accru pour l'histoire du pays et a voulu tout connaître de ces étrangers qui ont participé et contribué au combat libérateur. Le plus important est la qualité des débats qui ont été d'un niveau remarquable. On est vraiment satisfait des interventions du public présent à cette présentation.
Vous ne pensez pas que la jeune génération a soif de connaître son histoire '
C'est l'impression qu'on a eue aussi bien à l'université qu'au salon du livre. On a également constaté l'existence de toute une facette de notre histoire contemporaine qui n'est pas enseignée à l'école autant qu'à l'université. Il faut souligner aussi l'absence d'écrits consacrés à ces réseaux. Il nous semble que le public connaît beaucoup plus les réseaux français qui ont apporté beaucoup d'aide aux militants algériens que ceux créés dans plusieurs pays européens pour soutenir notre révolution. C'est pour cette raison d'ailleurs qu'on a dédié un ouvrage facile à lire et à comprendre à ce thème. Le livre est destiné à un large public, pas seulement aux académiciens. On espère qu'un jour on aura accès aux archives pour pouvoir écrire sur la guerre d'Algérie.
Après la publication de votre livre, avez-vous pensé à sa promotion, avec notamment la programmation de ventes-dédicacres ou de rencontres avec les étudiants et les chercheurs sur l'histoire de la révolution algérienne '
On a été invités par les universités de Sétif et d'Oran. Malheureusement nous avons décliné l'invitation. On animera peut-être des rencontres février prochain à la faveur d'un hommage qui sera rendu à Reizinguer. On contactera, à l'occasion de notre retour, les responsables de ces universités pour l'organisation de débats, en présence d'étudiants et d'enseignants, autour de l'apport considérable des réseaux étranger à la guerre de libération nationale.
Un dernier mot
Que l'Algérie prospère dans la paix et la fraternité.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Dj O
Source : www.horizons-dz.com