Alger - A la une

Un prélude à la création de la galerie des portraits de nos chers disparus



À l'agenda des visites d'incontournables galeries d'art, il y a celle d'Asselah-Hocine, qui, bien qu'elle soit située sur une avenue dit peu "passante", elle reste néanmoins digne d'intérêt et d'attention pour peu que l'on s'aventure au hasard d'une projection d'un film à la salle El- Mouggar (ex-Colisée). Et bien que cette vitrine d'?uvres d'art se "dérobe" à la vue du promeneur, on y découvre malgré cela "La galerie des Illustres" que l'Alger culturel n'a pas encore et qui reste à créer, à l'instar de la National Portrait Gallery de Trafalgar Square à Londres. L'idée que l'on doit à l'artiste-peintre Baouali Djamel est didactique, puisqu'elle est l'idéale introduction à l'histoire de l'Algérie. Et pour que la mémoire ne soit pas oublieuse de ceux qui ont apporté une pierre à l'édification du socle de l'Algérie, l'artiste-peintre Baouali Djamel dédie d'entrée son expo au regretté Asselah Ahmed (1940-5-mars-1994). Crayonné trait pour trait au noir, les traits au ton de l'ébène lèvent le voile funéraire du deuil et l'éclaircissent plutôt qu'ils n'assombrissent l'instant du recueillement à la mémoire de l'ancien directeur de l'Ecole supérieure des beaux-arts d'Alger et son fils Rabah qui furent tués à l'intérieur de "l'institution du Beau" qu'il dirigeait. Galerie d'art mais aussi un corridor de portraits, qu'éclaire l'angélique sourire de la cantatrice de hawzi, Fadhéla Dziria née Fadhela Madani (1917-1970), on entend le murmure de la q'sida "Hbibi Malou" aux éditions Pacific en 1949. Ne dit-on pas que l'andalou est la matrice-mère de la musique algérienne et de l'humble chaâbi ' Et, à ce titre, l'air de la q'sida "Soubhane Allah Yaltif" du poète Mustapha Toumi (1937-2013) fait vibrer les cordes du mandole et ressuscite l'art du chantre du chaâbi, Aït Ouarab Mohamed Idir Halo dit El Hadj M'hamed El Anka (1907-1978). Venu de sa péninsule ibérique d'adoption, l'artiste-peintre Baouali Djamel est diplômé de la place de la Catalogne et de l'emblématique cours de Las-Ramblas à Barcelone (Espagne), où il a lissé ses pinceaux aux côtés de talentueux artistes-peintres du monde entier. Non ! qu'il se suffise de crayonner le portrait d'un touriste en mal d'exotisme ! Que nenni ! Mais l'enfant de Réghaïa puis de Rouiba d'où il est issu, a ce don de deviner, voire de lire ce ballet "Des petits riens" où qu'ils se cachent dans le faciès même fardé du sujet qu'il croque au trait gras et jusqu'à ce qu'il soit à l'identique. "À l'obtention de mon baccalauréat, j'ai décidé d'aller vers l'art pictural et de là vers l'art de la rue, qui offre ce terrain d'échanges et d'impromptues rencontres", a déclaré notre interlocuteur. Seulement, ne s'improvise pas artiste-peintre qui veut, du fait que l'artiste-peintre a été d'abord reçu avec brio à l'examen de l'équivalente maison de la culture de Barcelone et affecté ensuite à l'endroit qui est devenu le sien sur la Las Ramblas. Et depuis, notre interlocuteur nourrit le v?u d'enseigner l'art, ici, en Algérie, pour peu qu'on lui fasse appel. C'est qu'il a tant à partager, alors et pour se convaincre de son talent, le mieux est de vérifier sur ses 23 autres toiles à l'huile qu'il expose à la galerie Asselah-Hocine jusqu'au 10 août.Louhal Nourreddine
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