
Constat - Nombre d'Algériens qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts sont contraints d'exercer une double, voire une triple activité.Faible rémunération, frais de location, dettes, famille nombreuse à charge, nouvelles exigences de la vie, besoins de couverture sanitaire et bien d'autres facteurs sont à l'origine de ce nouveau mode de vie.Avec l'érosion du pouvoir d'achat et l'instabilité des prix sur le marché, cette pratique a commencé à faire tache d'huile et à s'enraciner. Tous les domaines d'activité sont concernés et les exemples ne manquent pas. «Je me bats jour et nuit pour mettre fin à mes problèmes financiers», témoigne Boualem, fonctionnaire dans une école primaire à Birkhadem.Et de poursuivre : «Avec la naissance de mes deux enfants j'ai été obligé de faire des heures supplémentaires dans une société turque à Saïd-Hamdine comme agent de sécurité.» «J'ai espéré trouver une solution magique puisque je travaille toute la journée, sans arriver à joindre les deux bouts.Dieu a mis fin à mes souffrances puisque depuis la semaine dernière je suis employé, de nuit, dans une pâtisserie à Alger-Centre», nous a confié, pour sa part, Karim de Baraki. «Je me suis arrangé avec le patron pour commencer à 18 heures», a-t-il poursuivi. Halim, fonctionnaire assuré depuis longtemps, dans une société publique, a accepté de nous faire part de son expérience : «Oui, oui j'ai été obligé de travailler en tant que chauffeur clandestin en dehors de mes heures de travail (...) Je ne vais quand même pas laisser ma mère souffrir ou mourir ! Il faut bien que j'assure ses soins dans le privé surtout que je suis son unique fils!».Cependant si nombre d'Algériens ont été poussés à exercer un deuxième ou troisième emploi par besoin, pour d'autres, c'est une affaire de cupidité ou de frime. Sinon comment expliquer que beaucoup de gens achètent des choses dont ils n'ont pas besoin, avec de l'argent qu'ils n'ont pas (crédits et emprunts), juste pour frimer ou pour impressionner d'autres personnes ' Nombre de jeunes utilisent par exemple la 3 G++ juste pour télécharger des films, des chansons ou alors pour voir en photo leurs amis lors des chat.Comment expliquer, qu'un chef de service dans une wilaya se transforme la nuit en clandestin ' Ou alors qu'un gérant dans une société privée, ou cadre bien rémunéré, cherche constamment une activité illicite pour des sous en plus' «Moi je ne touche pas à mon salaire», commente-t-on. Ce drôle de comportement étrange à notre culture suscite la curiosité, car il est difficile de justifier ce genre d'attitude.Par ailleurs, c'est devenu monnaie courante que des médecins travaillent dans un hôpital et parallèlement dans des cliniques privées ou que des journalistes pigent dans plusieurs organes à la fois, ou que des enseignants assurent des cours supplémentaires à domicile. Mais de là à trouver des médecins qui trempent dans le monde des affaires... cela est absurde ! Il n'y a pas de doute, nous avançons à grands pas vers le modèle de société de consommation par excellence !
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samia Lounes
Source : www.infosoir.com