Photo : Sahel
Par Karima Mokrani
Durant toute la journée d'hier, la mairie de Sidi M'hamed, à Alger, était fermée aux citoyens pour cause de grève des travailleurs, aux différents postes, entamée dimanche dernier. Elle est initiée par la section syndicale affiliée à l'Union nationale des travailleurs algériens (UGTA) et est soutenue par leurs camarades du Snapap. «Tout le monde est en grève. Elle est suivie à 100%.
La preuve, comme vous le voyez, l'APC est complètement fermée aux citoyens», a indiqué un membre du bureau national.
Il s'appelle Hamidi Djahid et soutient que les toutes les revendications brandies par les grévistes sont justes et légitimes : «Le meilleur d'entre nous perçoit un salaire entre 18 000 et 19 000 dinars.
Ce n'est pas juste. Nous réclamons un salaire de 40 000 dinars.» C'est la revendication première de tous les travailleurs en grève au niveau des communes de la wilaya d'Alger, et d'autres wilayas du pays. 49 communes sont fortement perturbées.
C'est que la grève est nationale et les revendications sont d'ordre national. Le mouvement a débuté dimanche dernier et durera 8 jours. Pas du tout facile par les citoyens, toujours nombreux à se rendre aux guichets de l'état civil pour différents documents, qu'ils affirment être indispensables et urgents. «Il y a eu quelques petits affrontements ce matin mais c'est rentré dans l'ordre. Nous comprenons la réaction un peu violente des citoyens, mais eux aussi doivent comprendre notre colère et notre détresse. Nous leur demandons de nous soutenir dans ce mouvement parce qu'il y va de l'intérêt de tous», affirme un autre gréviste. Et un autre de montrer sa fiche de paie comme preuve des dires de son collègue :
19 676,02 dinars. «C'est ça mon salaire après 20 ans de travail», dit-il avec une grande colère dissimulée derrière un sourire forcé. Un autre affiche un autre document et lance, désarmé :
«Je travaille dans cette même APC depuis 1995 et jusqu'à présent, je ne suis pas titularisé.» Les grévistes se plaignent du fait qu'ils soient «lésés» dans leur droit à un salaire décent, une prime de transport et une autre de panier. La prime de risque est aussi un problème: «Ils nous l'ont enlevée en 2008. C'est 30% du salaire». Voilà donc un autre mouvement de protestation qui témoigne de la grande détresse d'une autre catégorie des travailleurs de la Fonction publique. Grève légale et revendications légitimes. C'est très inquiétant pour les citoyens qui se voient d'ores et déjà fortement pénalisés. Ils ont surtout peur que la durée de la grève soit prolongée s'il n'y a pas de réponse favorable aux doléances exprimées. Les grévistes affirment qu'un service minimum est assuré. Cela pour les actes de naissance et de décès et «dans le cas où un citoyen vient d'une autre wilaya».
K. M.
Le DG de l'Aadl rassure les souscripteurs
Les plus pénalisés par cette grève des travailleurs des communes sont les citoyens souscripteurs au logement Aadl programmes 2001 et 2002, concernés par l'opération d'actualisation de leur dossier. Ce dernier doit contenir une déclaration sur l'honneur légalisée à la mairie. Sans ce papier qui indique que le souscripteur n'a jamais bénéficié d'un autre logement, le dossier ne pourrait être accepté par l'Aadl. Interpellé par le problème, Lyes Benidir, le Directeur général de l'Aadl, rassure : «A cause de cette grève, les bureaux de l'Aadl resteront ouverts aux souscripteurs même après l'expiration de la date fixée pour l'actualisation de leur dossier.» Ils pourront donc attendre la fin de cette grève pour légaliser le fameux papier «déclaration sur l'honneur» et se rendre à l'Aadl pour l'actualisation du dossier.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K M
Source : www.latribune-online.com