Alger n?est jamais avare ou parcimonieuse de faits insolites ou burlesques. La moindre promenade offre l?occasion d?observer toutes sortes de manifestations incongrues qui étonnent et amusent. La ville a toujours succombé à ce goût des contrastes, à un penchant invincible pour les anachronismes. Nous contemplons tous ces tableaux truculents, débridés avec ironie, indifférence ou au contraire avec irritation. La cité déroule ce « flot » d?apparences telle une danse capricieuse et fantasique. Il y en a même qui s?en délectent. Un troupeau de moutons qui folâtrent et gambadent au milieu d?une cité populaire. Le spectacle est courant. Ces animaux déambulent tranquillement le long des trottoirs et de la voie publique. Ils font la « tournée des Grands Ducs » sous l??il intéressé des gamins qui prennent plaisir à les observer. Il y a comme une fidélité à un humus compagnard que l?on ne veut pas abandonner. Le spectre de « l?homoruralis » hante la ville. Postulat ou théorème ? On ne sait trop. Toujours est-il que la cité abrite une pléthore de phénomènes et de paradoxes, infiniment cocasses et dont la singularité pousse à l?interrogation. D?où provient cette faculté du contraste ? Pourquoi tant de décalage ? Un choc des mentalités, des attitudes et des comportements qui donne lieu à de « tonitruantes mêlées ». Les exemples sont légion qui démontrent la persistance d?un déficit de rationalité, d?un trouble dans la perception des espaces et leur appropriation. A l?évidence, une réflexion n?est pas tellement inutile pour tenter de comprendre toutes ces « outrances », en démêler l?écheveau. D?autant qu?en filigrane, c?est le problème d?une urbanité mal assumée qui se pose. L?effort est loin d?être superflu.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Mohamed B.
Source : www.elwatan.com