Alger - A la une

Un moment de communion sans lendemain



La célébration du 50ème anniversaire de l'indépendance nationale ne se limitera pas aux festivités organisées les 4 et 5 juillet à travers l'ensemble du territoire. Elle se prolongera en effet une année durant à travers de multiples manifestations et activités dédiées à l'événement qui auront lieu tant en Algérie qu'à l'étranger. C'est donc un mauvais procès qui a été fait aux autorités par ceux les ayant accusées d'avoir opté pour une maigre et terne commémoration sans rapport avec la charge symbolique du 50ème anniversaire. Le spectacle d'ouverture de cette année commémorative à Alger mais également dans les autres grandes villes du pays n'a pas manqué de «souffle». Ici et là il fut même grandiose au point que les détracteurs qui ont pesté auparavant contre la «lésinerie» de l'Etat à organiser des festivités dignes du cinquantenaire de l'indépendance dénoncent maintenant les dépenses jugées faramineuses qu'elles auraient nécessitées.
Les Algériens simples citoyens n'ont en tout cas pas boudé les festivités et les spectacles qui leur ont été offerts. Ils ont constitué pour eux un moment de communion autour de la fierté que leur a apporté ce cinq juillet 1962, jour de la proclamation officielle de l'Etat algérien indépendant. Bien sûr que leur fierté et leur joie en la circonstance auraient été plus exubérantes, plus chaudement débordantes si le 50ème anniversaire de l'indépendance ne s'accompagnait pas d'inquiètes interrogations sur l'avenir de la nation. Cinquante ans après son accession à la souveraineté nationale, l'Algérie ne se porte pas bien. En tout cas pas comme le laissait espérer pour elle l'extraordinaire solidarité dont a fait montre son peuple dans la grande épreuve de sa lutte de libération nationale et les ressources tant humaines que matérielles qu'elle recelait au moment où elle faisait son entrée sur la scène internationale en tant que nation libre et maîtresse de son destin.
En cinquante années d'indépendance, le bilan de l'Algérie n'est pas pour susciter l'enthousiasme. Certes, tout n'a pas été catastrophique et noir dans ce qui a été réalisé en ce laps de temps. Mais elle méritait mieux et pouvait le réaliser n'eussent été la médiocrité et la courte vue des gouvernants qui se sont succédé à sa tête.
La meilleure des commémorations du 50ème anniversaire de l'indépendance aurait été que les dirigeants en place se soient souvenus que «pour sauver la révolution il faut la mettre entre les mains du peuple» ainsi que l'affirmait le chahid Larbi Ben M'hidi. Il est incontestable que nos dirigeants actuels sont en panne de projet salvateur pour la nation. La seule gestion de la rente pétrolière et encore sur des bases inégalitaires, donc inacceptables, ne constitue nullement un programme et encore moins un projet national. Au lieu de se tourner vers le peuple pour puiser auprès de lui l'inspiration capable de donner naissance à un projet novateur pour le pays, ils le tiennent au contraire en marge. Ce fossé qu'ils ont creusé entre eux et ce peuple ne génère que frustrations et colères dont l'accumulation est grosse d'une explosion dont l'effet déclencheur peut être n'importe quel événement survenant dans le pays.
Oui les Algériens ont communié dans les festivités consacrées au cinquantième anniversaire de l'indépendance, mais sans occulter que la jouissance de celle-ci n'est pas entière dès lors que les promesses qu'ils y ont attachées ont été trahies ou pour le moins mal exaucées par des gouvernants à l'incompétence avérée et occupés à garder le pouvoir malgré les faillites de leur gouvernance.
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