Ils étaient nombreux, hier, à s'être rendus au palais de la culture Moufdi Zakaria (Kouba) pour se recueillir, une dernière fois, sur la dépouille de la diva de la chanson arabe, Warda El Djazaïria.
Des centaines de mélomanes et d'anonymes ont afflué, dès 8h30, au Palais de la culture pour rendre un dernier hommage à la chanteuse Warda El Djazaïria, décédée jeudi au Caire d'un arrêt cardiaque.
C'est vers 9h30 que la dépouille arrive dans une ambulance, sous escorte, pour être exposée dans une salle du Palais de la culture afin que ses admirateurs et ses nombreux amis puissent lui rendre un dernier hommage. Rongés par la douleur, le fils et le neveu de la défunte descendent de l'ambulance. Le cercueil, recouvert de l'emblème national est acheminé par les éléments de la Protection civile, sous les pleurs et des youyous stridents. L'émotion est poignante. Au fur et à mesure que le temps s'égrène, la foule devient plus compacte.
Les portes de la salle du Palais de la culture s'ouvrent au public juste après que la ministre de la Culture, Khalida Toumi, la famille de la regrettée, des personnalités politiques et du corps diplomatique se soient recueillis sur la dépouille. Une procession défile dans un respect religieux tout en récitant des versets coraniques. Certains déposent sur le cercueil des fleurs ou encore le drapeau national ; d'autres sont enveloppés carrément le corps de l'emblème national. Des cliquètements de zoom de téléphones portables se font entendre. La plupart des présents tiennent à immortaliser ce moment de deuil. Venue de Batna, une sexagénaire estime que ce déplacement s'est imposé de lui-même : «Elle a bercé des générations entières de sa voix mélodieuse. C'est une perte pour l'Algérie et pour le Monde arabe», dit-elle, les larmes aux yeux.
Entre temps, d'autres personnalités politiques se sont recueillies sur la dépouille de la défunte : le ministre des Affaires étrangères Mourad Medelci, la ministre de la Culture, Khalida Toumi, le ministre de la Communication Nacer Mehal, Abdelmalek Sellal, ministre des Ressources en eau et Halim Benatallah, secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères chargé de la communauté nationale à l'étranger. Etaient également présents deux conseillers du roi Mohammed VI du Maroc, l'ambassadeur de Palestine et des diplomates de pays arabes accrédités à Alger ainsi que le chanteur qatari Houssain El Jasmi.
La plupart des artistes algériens, rencontrés sur le lieu, ont brossé un tableau des plus élogieux de Warda El Djazaïria. Pour Lakhdar Bentorki, directeur de l'ONCI, «Warda était unique. J'ai rencontré cette grande dame en 1972 lors de la célébration du dixième anniversaire de l'indépendance. Je suis resté en contact avec elle. A chaque fois que je la sollicitais, elle se montrait disponible. Jamais au grand jamais elle ne m'a demandé le moindre centime. Je ne trouve pas les mots pour parler d'elle tellement elle était humaine et brave à la fois.»
Mohamed El Korde, grand finaliste d'une des émissions «Elhane Wa Chabab», témoigne : «Je me suis rendu chez la défunte au Caire. Elle était à l'écoute des jeunes. Elle nous avait prodigué de précieux conseils. On retrouvait chez Warda la même émotion qui se dégage sur scène.»
De son côté, le chanteur Fouad Ouamen de Biskra estime que la regrettée, qu'il a connue dans les années 2000 en Egypte, a contribué à porter la voix de l'Algérie au-delà des frontières durant la Révolution algérienne. Abondant dans le même sens, le musicologue et auteur Abdelkader Bendaâmèche est convaincu que Warda El Djazaïria a été un grand nom de la culture arabe : «Elle garde sa notoriété intacte, peut-être un peu plus aujourd'hui lorsqu'on remonte le cours de son histoire et sa carrière, le peuple découvre une Warda nationaliste et patriote. Son génie est né en elle. Elle est née pour charmer la nation arabe. C'est une grande dame qu'on vient de perdre. C'est une grande diva qu'on ne pourra jamais remplacer», dit-il.
Warda El Djazaïria a été enterrée hier en début d'après-midi au cimetière El Alia (Alger) en présence d'une foule nombreuse. La chanteuse algérienne a certes tiré sa révérence, mais elle restera une légende.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nacima Chabani
Source : www.elwatan.com