Dollars US et euros, immédiatement disponibles ; pour les autres devises principales, c?est sur commande avec livraison rapide assurée. Une activité qui s?exerce au vu et au su de tous sur des marchés biens ancrés, tel celui du square Port-Saïd, désormais célèbre, même à l?étranger. Il existe bien une réglementation relative aux « intermédiaires agréés habilités à titre exclusif à traiter les opérations de change », qui date de près de dix ans, demeurée, hélas, lettre morte. Alors, en l?absence d?un circuit légal, l?initiative privée, émanation du secteur informel, a créé le sien : un marché manifestement juteux et, qui plus est, garantit la discrétion, tout en fonctionnant sans le moindre formalisme bureaucratique. Quelle aubaine ! Du jamais-vu dans les pays où s?exerce le libre change. Parce qu?il y va de leur survie, les « cambistes » qui y officient font dans l?honnêteté entière : jamais de faux billets ou autres arnaques. Les opérateurs veillent à la bonne tenue de leur « marché ». Ils savent détecter les éventuelles brebis galeuses susceptibles d?altérer leur excellente réputation avérée, auxquelles ils infligent la correction exemplaire qui leur enlève l?envie de récidiver. Dans leurs relations avec la clientèle, tout n?est question que de cours du jour basé sur une mercuriale nationale fixée par on ne sait qui, connue et appliquée par tous et partout. Les fluctuations des cours sont cycliques ou conjoncturelles et dépendent d?événements prévisibles comme la période du pèlerinage à La Mecque ou celle des grandes vacances. Dès lors que, de fait, il existe un réel marché financier public informel, serait-il normal d?infliger au détenteur de devises ainsi acquises les lourdes sanctions pénales prévues par la loi au motif qu?elles n?ont pas été « négociées auprès d?intermédiaires agréés » ? Et quid du cas des acquéreurs qui prendraient la précaution de verser leurs « devises informelles » à leur compte devises ouvert auprès d?une banque ? Le fisc serait-il en droit d?exiger d?eux qu?ils en justifient la provenance ? En toute « logique fiscale », il devrait, lorsqu?il ne s?agit pas de sommes extraordinairement élevées, mais bien en proportion avec leurs revenus déclarés, donc soumis à l?IRG, ne pas les soumettre à une double imposition. Il ferait alors un bon usage du principe qui veut que « le fisc appréhende le fait et non le droit ». En guise de fait, la « bourse » du square Port-Saïd est située à quelques encablures des inspections fiscales d?Alger-Centre et de la Banque d?Algérie !
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali Hadj Ali
Source : www.elwatan.com