Insulter l'avenir en reniant tout ce qui ne nous est pas familier ne mènerait-il pas aux dérapages qui vont évoluant ' La rupture des relations diplomatiques entre Alger et Rabat a, certes, mis à l'arrêt les échanges privilégiés entre les deux capitales. Même si, entre le royaume chérifien et El Mouradia, la fusion n'a pas toujours été exemplaire, cette dernière crise a, injustement, sonné le glas de ce qui lie, depuis toujours, les deux peuples voisins et frères. Quelques semaines plus tard, aux convulsions algéro-marocaines a succédé la tension entre Alger et Paris. Les propos irresponsables, intolérables et maladroits du président français, qui n'ont ménagé ni l'Algérie ni ses dirigeants, ont eu les effets que l'on sait sur ces derniers. La cinglante réaction d'El Mouradia a surpris l'Elysée qui, depuis, se démène pour reprendre langue avec ceux que son locataire a insultés. Les rapports condamnés à reprendre un cours normal, que deviendra la violente montée au créneau de certains responsables contre la langue de Molière et son usage par certaines institutions ' À la Chaîne III, plus aucun chanteur français n'est diffusé. Tout artiste qui chante ou déclame dans cette langue «maudite par l'hypocrisie de façade» est interdit d'antenne. Bien entendu, aucune note n'a, là non plus, été transmise ni par la tutelle ni par les subalternes qui lui servent de porte-voix sans qu'aucun ordre ait été émis officiellement. À la Chaîne III, on diffuse des chansons américaines, anglaises, mexicaines, algériennes, mais attention et gare au programmateur qui dérogerait à la règle et désobéirait aux ordres émis «oralement» ! Parce que, chez nous, l'oralité est ce qui assurerait le mieux la transmission. L'écrit peut valoir à son auteur des retombées regrettables, comme celle de lui coûter son poste. Il expose à des sanctions dont on préfère se passer et ne prévient, donc, pas des mauvais coups du sort. Autant, par conséquent, ne laisser aucune trace des ordres fantaisistes bricolés à la va-vite et ajustés à l'humeur en vogue. Comment se libérer des troubles bipolaires dont souffre une part de nos élites 'M. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Malika Boussouf
Source : www.lesoirdalgerie.com