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Un manque flagrant à combler Vespasiennes à Alger



Un manque flagrant à combler Vespasiennes à Alger
Déambuler dans Alger sans pouvoir se soulager reste la hantise de tous ceux qui sillonnent la capitale ou s'y rendent. Alger ne dispose pas de toilettes publiques mettant ainsi à rude épreuve les vessies des personnes, notamment les femmes. Car les hommes et les enfants, lorsqu'il y a urgence, arrivent à satisfaire ce besoin naturel là où ils peuvent. Bafouant d'un revers les règles d'hygiène au point de laisser la ville sentir l'urine. Halima se dit frustrée par l'idée de ne pas trouver d'endroit où elle peut se soulager. Cette couturière avoue sortir pour des heures durant afin d'acquérir les achats nécessaires pour confectionner les commandes des clientes. « Impensable de ne pas trouver un endroit pour nous les femmes dans une grande ville comme Alger. Cela me contraint à éviter de prendre des boissons jusqu'à mon retour à la maison ». La situation est plus difficile pour les femmes enceintes, notamment celles à terme. Le poids du bébé sur la vessie incite ces femmes à se soulager fréquemment. Le vécu de Fatiha reflète cette réalité. « Alors que j'étais à mon huitième mois, je me suis déplacée en ville avec ma mère pour des achats en prévision de l'accouchement. Au bout de quelques heures, il ne m'était plus possible de me retenir. Ma mère m'a suggéré d'aller chez une coiffeuse se trouvant sur notre chemin. Là, c'était la douche écossaise, la coiffeuse a prétendu des travaux et n'a même pas pris en considération mon état. » De l'avis d'un urologue, « se retenir peut être à l'origine d'une infection urinaire et de la maladie des reins. L'urine cumulée dans la vessie, si elle n'est pas évacuée, remonte dans l'urètre et altère le rein. Cette situation est à l'origine de l'incontinence urinaire ». Des sanisettes ont été aménagées à la station du 2-Mai, à celle de Tafourah et la gare routière du Caroubier. Il faut dire que certains citoyens refusent de mettre la main à la poche pour s'acquitter du prix des toilettes qui est de 20 DA. Alors que la cinquantaine de toilettes semi-automatiques installées, à travers quelques communes d'Alger ne sont toujours pas fonctionnelles. Acquises à grands frais dans le cadre de l'affectation des sites à l'affichage publicitaire, ces vespasiennes, qui devaient être gérées par les APC, sont toujours fermées, faute de raccordement à l'eau. Mais au-delà de ce constat, l'attitude des APC est montrée du doigt. Les citoyens forcés, dans plusieurs endroits, de se boucher le nez pour pouvoir traverser, s'élèvent contre les services d'hygiène des communes censés nettoyer et laver les artères. Avec le nouveau plan d'aménagement de la capitale et de son développement en pôle urbain moderne, il est attendu la réalisation d'espaces où le citoyen trouvera son repos dans tous les sens. Car il est inimaginable de penser une allée sur le front de mer ou encore un circuit de la mémoire sans un aménagement censé les protéger de toutes dégradations.
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