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Un livre utile signé Aïssa MouhoubiRente pétrolière et développement l'expérience algérienne



Un livre utile signé Aïssa MouhoubiRente pétrolière et développement l'expérience algérienne
Composé de deux parties, à savoir « Retour aux grands débats de l'économie des ressources naturelles épuisables », et « la rente des hydrocarbures dans la stratégie algérienne de développement », l'ouvrage parle de l'Algérie en tant que pays faisant partie de l'OPEP et compte parmi ses membres actifs. « Après huit ans et demi de son indépendance de la France, le gouvernement en place a procédé à la nationalisation des hydrocarbures. Les rentes, qui devaient être récoltées, avaient le principal objectif de servir de manutentionnaire d'actifs financiers. Le secteur des hydrocarbures était et est le premier "entrepreneur de l'économie" se donnant la mission de transformer les surplus dégagés en un système productif autoentretenu », note l'auteur. Des plans de développement, assortis d'enveloppes financières conséquentes, sont alors lancés pour industrialiser l'économie, ajoute l'auteur. Néanmoins, fera-t-il observer, et suite à la crise des prix pétroliers de 1986 et l'amenuisement des rentes des hydrocarbures, l'Algérie était contrainte de changer radicalement sa politique de développement. « La politique de financement des investissements dans tous les secteurs économiques est, alors, arrêtée. Depuis lors, le secteur des hydrocarbures avait la charge de maintenir la situation sociale à son stade et d'honorer le caractère solvable du pays vis-à-vis de ses bailleurs de fonds. » Aïssa Mouhoubi rappelle qu'au début des années 2000, l'Algérie était en face de deux évènements majeurs. « Le marché pétrolier s'est rétabli en faveur des pays exportateurs d'hydrocarbures, et la dépendance de l'économie des exigences du FMI, via le programme d'ajustement structurel, vient de s'achever. Ainsi, le secteur des hydrocarbures a encore reçu la mission, d'avant la crise de 1986, de manutentionnaire des actifs financiers qui doivent servir à alimenter de vastes programmes de soutien à la croissance économique. »En 2010, selon l'auteur, la rente des hydrocarbures représente la part la plus importante des principales sources de financement de l'économie algérienne. Elle représente 56% dans le produit intérieur brut, 58% dans les recettes fiscales de l'Etat et 98% dans les recettes d'exportations. « Ainsi, le cercle vicieux de la dépendance rentière est loin d'être vaincu par l'Algérie. Ceci est vrai, puisque l'accélération des extractions d'hydrocarbures, principalement dédiés à l'exportation, conjuguée à une cadence de découvertes qui devient difficilement notable, risque de mettre le pays dans une situation très gênante », souligne-t-il. Cet ouvrage composé de plusieurs chapitres évoque, entre autres, la rente, ressources naturelles et développement, la macroéconomie des ressources naturelles et du développement, la dynamique du secteur des hydrocarbures en Algérie, le lest pétrolier dans l'économie algérienne... Selon l'auteur, cet ouvrage a évalué les méthodes de gestion de la rente des hydrocarbures dans les différentes stratégies de développement en Algérie. Avant d'aborder cette évaluation, une série d'explications théoriques et pratiques a été étudiée, afin d'approcher la problématique avec le maximum possible de prudence et de subtilité. « (...) Dans le cas de l'Algérie, le fardeau de l'endettement a été créé à cause de la croyance, qui était en réalité une illusion, que l'afflux des rentes des hydrocarbures est irréversible. Cependant, la crise pétrolière de 1986 a remis en cause cette croyance », a-t-il noté. Ce constat, selon l'auteur, permettrait, peut-être, de parler d'une rente des hydrocarbures maudite, puisque celle-ci a attiré le décideur public dans le piège du surendettement.... « (...) Durant les années 2000, le décideur public a pris conscience du danger de la dette en l'absence de moyens de remboursement. Ainsi, il a procédé au remboursement hâtif de son dû, avant qu'une éventuelle chute des prix pétroliers ne survienne. De cette manière, il a corrigé la faute commise pendant la première période de pléthore financière. »
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