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Un journaliste congolais empêché de rentrer chez lui Actualité : les autres articles



Mohamed Mboyo Eyekula, journaliste congolais, vit un cauchemar éveillé depuis son arrivée en Algérie, début septembre.
L'homme installé à Dakar depuis 2001, travaillait pour plusieurs quotidiens sénégalais, dont l'un des plus importants, Walfadjri. Aujourd'hui, il dort dans des dortoirs à Alger ou s'installe la nuit aux services des urgences de l'hôpital Mustapha Pacha en se faisant passer pour un malade et pouvoir dormir. Avec comme seul papier un document remis par le Haut-Commissariat aux réfugiés, Mohamed a tout de même gardé son vieux cartable dans lequel il y a son ordinateur portable et un vieil enregistreur. «C'est tout ce qui me reste du temps où j'étais journaliste à Dakar.»
Car, depuis son arrivé à Alger, Mohamed est ballotté entre le HCR et le Conseil italien pour les réfugiés, organisme qui reçoit de l'argent de l'organisme onusien pour venir en aide aux réfugiés. «Je ne veux pas être un réfugié en Algérie, souligne-t-il. Je vis et travaille au Sénégal. Je demande juste que le HCR fasse son boulot et me remette des documents de voyage.» Le calvaire de Mohamed Mboyo Eyekula va débuter au Mali. Arrêté à Gao par les éléments du Mouvement national de libération de l'Azawad, alors qu'il enquêtait sur place sur le sentiment de la population à l'égard des nouveaux maîtres des lieux, Mohamed Mboyo Eyekula se fait confisquer sa carte de presse, son passeport et d'autres documents.
«Ils m'ont reproché de ne pas être venu les voir, raconte-t-il, alors que je voulais me fondre dans la foule pour pouvoir travailler tranquillement. Après avoir été suspecté d'être un espion à la solde de Bamako, le chef du groupe qui m'a interrogé a décidé de m'installer au milieu de 30 de ses éléments, dans un bâtiment qui se trouve derrière le gouvernorat, pour étudier mon cas.» Pendant une dizaine de jours, Mohamed va partager leur quotidien et être en première ligne pour assister à l'affrontement entre les hommes du MNLA et ceux d'Ançar Eddine qui vont devenir les nouveaux maîtres des lieux.
«Quand les islamistes d'Ançar Eddine ont investi le bâtiment où je me trouvais, se souvient Mohamed, j'étais seul. Les hommes du MNLA avaient fui en emportant avec eux tous mes documents.» Les hommes d'Ançer Eddine lui alors proposent de l'emmener avec eux en Algérie. Embarqué dans un pick-up, il a été conduit jusqu'à Tinzaouatine, ville frontalière avec le Mali, et remis à un conducteur algérien qui l'a déposé à Tamanrasset. «Une fois sur place, j'ai contacté le Haut-Commissariat aux réfugiés à Dakar pour demander mon rapatriement vers le Sénégal. Mais ils m'ont demandé de prendre attache avec celui d'Alger. C'est à ce moment que mes problèmes ont commencé.»
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