Alger - A la une

« Un homme historique, modeste et humble », déclare Djamel Ould-Abbas



« Un homme historique, modeste et humble », déclare Djamel Ould-Abbas
Mohamed-Seghir Nekkache, 1er ministre de la Santé de l'Algérie indépendante, a été médecin responsable au sein de l'Armée de libération nationale (ALN). Il fut l'une des sentinelles de la génération de Novembre. Et pour que les générations futures n'oublient pas les personnalités nationales de cette trempe, l'association Mechaâl Chahid a organisé, hier, une rencontre au forum d'El Moudjahid, à Alger, pour rendre hommage à cette sommité de l'ombre peu connue par le grand public, et ce, six ans après sa mort, survenue le 16 mai 2010.Nommé responsable de la santé en 1958 dans la région est du pays, il a joué un rôle important dans la prise en charge sanitaire des moudjahidine et de la population civile aux frontières algéro-tunisiennes. « C'est un homme historique de l'ombre, modeste et humble », dira Djamel Ould-Abbas, vice-président du Conseil de la nation et ex-ministre de la Santé, précisant qu'« avant 54, Mohamed-Seghir Nekkache avait rejoint le PPA en qualité de médecin et activait aux côtés d'autres médecins comme Benzerdjeb, premier médecin chahid ».L'homme n'a pas eu la considération qu'il méritait, selon les intervenants. Il a mis en place les structures de la santé durant la guerre de Libération nationale, formé la première promotion de médecins et de paramédicaux constituée de 40 personnes qui avaient tous rejoint les rangs de l'ALN dans les différentes régions du pays pour prendre en charge les besoins de santé, selon le Dr Mustapha Khiati, pédiatrie et président de la Forem (Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche).A l'indépendance, il ouvrira la faculté de médecine en coordination avec le ministère de l'Enseignement supérieur et créera les premières cellules de santé à Alger dont les docteurs Nefissa Hamoud et Youcef El Khatib furent responsables. Après le départ des Français, l'Algérie a connu un désert sanitaire. Tous les médecins et infirmiers qui étaient à l'étranger, notamment en Tunisie et au Maroc, sont rentrés au pays pour répondre à la grande demande en matière de santé et dont l'offre était minime. Il n'y avait aucun cadre de la santé, ils devaient donc relever le défi.Selon Mustapha Khiati, Mohamed-Seghir Nekkache et ses collaborateurs travaillaient 20 heures par jour. « C'est une génération de défi, exceptionnelle, qui ne connaissait pas l'impossible », a-t-il souligné. Saïd Chibane, médecin spécialiste en ophtalmologie, avoue avoir connu Mohamed-Seghir Nekkache en Tunisie durant la guerre de Libération. « Je l'ai côtoyé pendant une semaine et j'ai connu l'intérêt qu'il accordait aux djounouds aux frontières Est du pays.Dans une villa hébergeant les médecins, il avait installé une bibliothèque contenant des livres de médecine et même des livres spécialisés dans la ressource humaine car il s'intéressait au développement de celle-ci », a indiqué le Dr Chibane, soulignant qu'il « consacrait le vendredi pour la consultation gratuite des malades ». Et d'ajouter qu'« à la fin de sa vie, on le voyait dans des réunions au ministère des Moudjahidine ».Ce grand moudjahid a fini sa vie dans un petit appartenant avec quelqu'un qui prenait soin de lui.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)