Photo : M. Hacène
Par Samir Azzoug
Un homme de principes s'en est allé. La terre généreuse du cimetière d'El Kettar à Alger a accueilli, hier, la dépouille de l'agencier chroniqueur Mohamed Zaâf. Sa carrière éclectique dans les métiers de la plume laisse un goût d'amertume. Celui de la non-reconnaissance. Aucun officiel, même pas le ministre de la Communication, n'a «daigné» rendre un dernier hommage à l'homme de principes, patriote chevronné et nationaliste jusqu'au bout de la souffrance qu'il était. La corporation n'est pas en reste. Elle qui a connu l'homme et son 'uvre, côtoyé cette ombre qui traversait la Maison de la presse les mains chargées d'emplettes, n'as pas rendu ce respect digne de l'aîné. S'il est vrai que les médias ont presque tous annoncé son décès - et comment passer outre la mort d'un journaliste décédé à l'entrée de la Maison de la presse -, mais un article ne vaut pas une présence. Dans l'hommage rendu hier dans les colonnes de la Tribune, le chroniqueur écrivait «la vie comme le parcours journalistique de Mohamed Zaâf furent ceux d'un homme humble». Un de ses collègues, visiblement touché par la perte d'un ami proche, répétera sans cesse : «Kan nes m'lah (c'était un homme de bien.» Zoubir Khlaïfia décrit son ami comme un nationaliste chauvin. «On ne badinait pas avec lui sur les questions de la Révolution nationale. Ni sur le Sahara occidental. La chancellerie marocaine dormira sur ses deux oreilles maintenant que leur bête noire est décédée.» Dans la même chronique, le journaliste décrivait la personne dans ces termes : «Homme de conviction, journaliste de principes et des colères cathartiques, comme le prédestinait son patronyme.» A 66 ans, Mohamed Zaâf est mort d'une crise cardiaque. Le c'ur gros. La vie ne lui a pas fait de cadeau. «Il a beaucoup souffert. Mohamed a eu une existence difficile. Ses choix, son courage et ses principes intransgressibles lui ont valu beaucoup de souffrances», se rappelle Zoubir. Au cimetière d'El Kettar, sous l'ombre des arbres, Mohamed Zaâf n'écrira plus. Il ne souffrira plus ni des accusations des uns, ni des pressions des autres, ni de l'indifférence de beaucoup. Il a vécu humble, simple et Humain. Les chats de la maison de la presse, qui attendaient son arrivée chaque jour, comme des gamins revendiquant un moment d'affection, errent déjà en orphelins. Mohamed Zaâf a vécu intensément son métier. Il a assumé ses principes jusqu'à la lie. Croqué la vie à pleines dents et pas seulement du côté appétissant. Maintenant, il repose entre les mains du Clément. A Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons. Le Juste sait reconnaître les Siens.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S A
Source : www.latribune-online.com